The Vampire Diaries
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[DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:29



… Chapitre 18 : Emily …

L’esprit confus, rattaché au corps, une prise sur le monde et pourtant encore séparé. C’est comme si elle était en transition, prise entre deux et pourtant la sensation était plus déchirante que cela. Elle se recomposa un masque de froideur pour faire face à sa descendante. Elle craignait de la mettre en danger mais elle n’avait guère le choix … Les choses avaient changé. Elle ne pouvait plus honorer sa promesse et qu’importe que le vampire ait tout fait pour tenir la sienne. Il l’avait un peu bafouée en donnant ce collier à une Bennett.

Elle lissa sa robe du bout des doigts. La quête de Damon était vaine. Les choses avaient changé. Elle avait cru enfermer Katherine, mais la vampire avait réussi à s’échapper et à tailler sa route à travers le monde durant toutes ces années. Elle aurait pu le lui dire mais connaissant le vampire, ça n’aurait rien changé à ses décisions. Que vaut la parole d’une servante noire après tout ? Toute sorcière soit-elle, il ne l’a croirait pas. A l’époque déjà … Mais ne repensons pas au passé, après tout, elle avait une fillette à l’allure de jeune femme à hanter.

Elle s’insinua dans ses rêves et dans son corps pour la mener là où tout avait commencé. Elle devait arriver à prendre possession d’elle. Mais invariablement, Bonnie luttait et se réveillait. Ce n’était pas grave, elle avait encore le temps. Les voix de toute la lignée le lui murmurait à l’oreille. Elle avait encore le temps. Elle avait seulement hâte de finir pour enfin reposer en paix.

Bonnie observa autour d’elle. Terrorisée. Elle avait fait un cauchemar horrible et elle s’était réveillée en pleine forêt, en pyjama. Elle tremblait de peur et de froid. Elle devait rentrer chez elle. Elle aurait aimé appeler Elena et lui raconter sa mésaventure, mais Elena ne voulait plus lui parler. Elle aurait pu contacter Caroline mais … Et bien c’était Caroline.

La jeune femme n’aurait pas été d’accord avec cette idée agaçante, elle pouvait garder un secret ! Même un gros. Il fallait seulement lui expliquer pourquoi c’était si important de le garder secret. Et elle aurait été d’autant plus déçue d’apprendre que Bonnie ne se confiait pas à elle, qu’elle s’inquiétait pour son amie. Bonnie avait l’air « déconnectée », « absente », perpétuellement perdue dans ses pensées. Etait-ce sa dispute avec Elena qui l’a mettait dans un tel état ? Elena n’avait pas voulu lui en dire plus elle non plus… Mais vu l’état dans lequel Bonnie se mettait, cette dispute allait beaucoup trop loin. Il faudrait qu’elle leur en parle et qu’elle essaye de les réconcilier. Elle n’aimait pas les voir comme ça … Ce qu’elle détestait encore plus, c’était l’impression de ne pas faire partie du groupe. Elle avait des problèmes elle aussi ! Sa mère … qui vivait pour son travail et oser la juger sur le moindre de ses actes. Et son père qui l’avait laissé seule, qu’il les avait laissé … Et elle avait des tas de choses à organiser. Si elle en faisait autant, c’était bien pour ne pas penser à tout ça, mais elle avait quand même besoin de soutien !

Alors en attendant, elle observait Bonnie en silence, sans savoir quoi faire. Sans pouvoir prendre une décision. Elle ne savait pas que Bonnie était au centre de tous les regards. Une jeune fille était postée non loin de là et elle ne lâchait pas du regard le pendentif. Elle avait dû attendre des années et des années, mais à présent, le pendentif était réapparu et il avait une sorcière. Il ne lui manquait plus que le grimoire … A croire que Damon avait quasiment tout prévu. Tout … Sauf sa présence ici et maintenant. Elle ne pouvait pas le laisser agir à sa guise. Elle le connaissait, ce n’était qu’un idiot impulsif, lorsqu’il comprendrait que Katherine n’était pas enfermé là-bas dedans, il deviendrait un idiot impulsif et brisé. Un mélange dangereux. Sa mère serait juste à côté, affaiblie comme jamais… et ça, elle ne voulait pas que ça arrive. Elle devait avoir un moyen de pression contre lui et elle allait le trouver. Mais d’abord, il fallait qu’elle se rende indispensable à ses yeux, trouver le grimoire serait du plus bel effet. Pour cela, elle allait s’approcher d’un Gilbert. Pas la fille, qui ressemblait tant à Katherine et que les frères Salvatore couvaient du regard, non. Elle allait séduire le petit Jérémy. Ce serait … un jeu d’enfant !

Jérémy était bien loin de penser à ses peines de cœur à ce moment-là. Si on le lui avait demandé, il aurait dit qu’il ne pensait qu’à Vicky. Vicky était un fantôme dans leurs vies, elle ne les quittait pas. On dit qu’on ne se rend compte de la valeur des personnes qu’une fois qu’elles sont parties. C’était peut-être vrai, mais de son vivant aussi il l’aimait. Mais à cet instant, ses pensées étaient loin d’elle, ce qui était rarissime. Jenna était venue lui demander s’il savait ce que sa sœur avait. Elle avait l’air encore plus triste et déprimée qu’en temps normal, ce qui était vraiment inquiétant. Jérémy avait remarqué qu’elle ne parlait plus du tout à Stefan, ni à Bonnie et qu’elle s’éclipsait toutes les fins de journées. Elle passait sans doute beaucoup de temps à écrire dans son journal… Elle faisait ça quand ça n’allait pas.

« Je crois qu’elle s’est rapprochée du frère de Stefan. Damon. »

Jenna tiqua à ce nom, la dernière fois qu’elle avait entendu parler de cet homme, Elena semblait le détester. Et il était bien plus vieux qu’elle ! Mais bon si il pouvait la rendre heureuse… Il faudrait qu’elle essaye de lui parler directement, et peut-être qu’elle lui propose de faire venir Damon à la maison. Qu’importe, elle ne supportait pas de la voir aussi triste.
Elle ne se doutait pas qu’à cet instant même Elena avait un grand sourire aux lèvres. Elle regardait de loin trois personnes. Damon et deux hommes qui hochaient de la tête tranquillement. Il s’agissait d’ouvrier que le vampire avait légèrement hypnotisé pour qu’ils ne se posent pas de question. A la place ils se disaient qu’il y avait vraiment des « originaux » à Mystic Falls. Après tout, à quoi ça sert d’avoir l’eau et l’électricité en pleins milieu de la forêt, sans accès à une route et surtout pour une maison brûlée. C’était comme ça ! Ils n’y pouvaient rien. Alors ils creusaient les tranchées à la pelle, au lieu de le faire à la machine, en riant comme des idiots en se racontant les dernières blagues qu’ils avaient entendu.

« Tu connais celle de la nonne naine ?
- Non, racontes ! »

Et bientôt les rires remplirent de nouveau la forêt, rendant l’endroit bien moins lugubre. Ils étaient à mille lieux des intrigues fantomatiques d’Emily, des plans séducteurs d’Anna ou des soucis de Jenna. La vie était belle. Tout simplement.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:29

J'ai envie de faire une fanvidéo ...




… Chapitre 19 : Hypnotique …
Elena arriva chez elle et fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que tout ce monde ? Elle avait bien dit qu’elle ne voulait pas d’ouvrier. Que faisaient-ils là ? Elle passa la porte et trouva une scène des plus atypiques. Damon était en plein interrogatoire, il cherchait comment faire pour soutenir le plancher. Il avait l’air aussi sérieux que concentré et étrangement, elle éclata de rire.

« Damon, que fais-tu ?
- J’essaye de comprendre comment faire pour que le peu de toit qu’il nous reste ne nous tombe pas sur la tête. »


Il avait froncé des sourcils en lui répondant, très sérieusement et elle repartit à rire. Elle s’attendait tellement à le trouver entrain de tout détruire une bouteille à la main, tout en enchaînant les pas de danse. Il leva les yeux en secouant la tête mais un sourire lui monta aux lèvres. Elle avait un rire communicatif. Comme … Katherine. Il déglutit et reprit très calmement sa conversation avec le charpentier qu’il avait hypnotisé. Il devait avoir des explications claires et précises s’il voulait avoir la moindre chance de rénover cette maison.

Elena s’assit sur l’escalier et le regarda faire. Le professionnel engueulait Damon, lui expliquant qu’il était inconscient de vouloir faire ça seul et bizarrement le vampire le laissait faire. Il l’avait pourtant mis sous hypnose, elle aurait cru qu’il deviendrait absolument ‘obéissant’, ‘conciliant’ et il semblait avoir encore tout son caractère. Comme si Damon n’avait pas voulu brisé sa personnalité. Damon tenta de convaincre, le plus humainement possible, l’homme qu’il était assez fort pour porter les poutres en question.

Elena se demanda si ça c’était aussi passé ainsi avec Caroline ou s’il avait violé son corps et son esprit. La question la perturba tant qu’elle voulut avoir le fin mot de l’histoire. Damon ne l’avait pas épargné jusque-là, alors, lorsqu’ils furent seuls, elle le lui demanda directement. L’homme savait que tôt ou tard, le sujet reviendrait sur le tapis, elle avait dû le détester pour ça. Il tenta d’expliquer que tout ce qu’il faisait c’était supprimer une crainte, une peur ou une volonté. Le charpentier croyait dur comme fer qu’il était impossible de lui expliquer comme faire les réparations soient même. L’hypnose ne lui avait servi qu’à lui faire comprendre que ce n’était pas le cas. Les connaissances, la personnalité, les envies de l’homme n’avaient pas été modifiées. Il avait amené Caroline à ne plus avoir peur de lui. Il ne lui avait rien fait d’autres qu’elle n’ait voulu une fois cette peur passée.

« Tu aurais pu en faire une poupée ? »

Damon grimaça. Il aimait beaucoup utiliser l’hypnose pour son côté pratique, mais toujours de façon légère, sinon les risques de rejet étaient plus important, l’efficacité moindre et surtout … Ce n’était pas drôle du tout d’avoir affaire à des « poupées serviles ». Il n'en arrivait là que lorsqu'il manquait de possibilité pour faire autrement.

« Je vais te montrer. Retire ton collier. »

Elena l’attrapa soudain angoissée. Qu’allait-il faire ? Avoir ce collier autour du cou la rassurée, un peu comme si elle avait une bombe lacrymo dans son sac. Elle n'était pas absolument sans défense avec lui.

« Tu ne risques rien. Tu le remettras juste après et je te promets de ne pas effacer ta mémoire. »

Elle lui avait fait confiance pour des choses bien plus grave. Elle lui avait offert son cou et l’avait laissé mordre pour qu’il puisse s’enfuir. Il aurait pu la tuer. Il pouvait encore la tuer à tout moment. Elle retira son collier le plus lentement possible et le posa soigneusement à côté d’elle. Il la mena jusqu’à l’étage et redescendit au rez-de-chaussée.

« Saute.
- Quoi !? Non ! Tu es fou ?
- Non, pourquoi, tu as peur ?
- Oui. »


Damon remonta d’un bond sur la corniche avec elle et la regarda droit dans les yeux. Il lui murmura, qu’elle n’avait pas à avoir peur. Elle eut l’impression que quelques choses se débloquer dans sa tête et soudain, elle comprit que ça pouvait être drôle. Il redescendit et sans hésiter, elle lui sauta dans les bras en riant. Il lui demanda d’avoir aussi peur qu’avant de sauter et lui fit remettre son pendentif. Un voile d’horreur apparu sur son visage alors qu’elle blêmissait violemment. Elle ne s’était pas demandé une seule seconde s’il pouvait être dangereux de sauter, elle ne lui avait même pas demandé si il allait la rattraper. Elle s’assit, ses mains tremblaient.

Il lui fait un immense sourire innocent. Il ne lui aurait pas faire de mal. Elle se calma doucement et finit par admettre qu’il ne lui avait pas demandé de s’amuser. C’était une part d’elle-même. Elle comprenait mieux ce qu’il avait fait à Caroline. Il avait juste fait en sortes qu’elle n’ait pas peur. C’était bien moins horrible que ce qu’elle avait envisagé au premier abord.

« Alors tu ne l’as pas violé.
- Merci mais je n’ai pas besoin de forcé qui que ce soit. »


La conversation commençait à l’énerver, il sortit chercher le second artisan qu’il avait fait venir qui lui expliqua comment finir de raccorder l’eau et l’électricité à la maison et surtout, dans quel ordre faire les choses. Elena le regarda faire, rassurée.

Elle se détourna et ses cheveux ondulèrent à cause du mouvement. Elle laissa ses hanches roulées une nouvelle fois et leva les bras. La musique pulsait autour d’elle, violente, agressive et pourtant, si bonne. Elle se dandina en rythme, un immense sourire plaquée aux lèvres. Cet homme la regardait avec un air gourmand. Il serait parfait. Elle s’approcha de lui, délicate prédatrice et darda son regard dans celui, brun, du jeune homme. Il posa ses mains sur ses hanches et elle reprit sa danse. Elle le boirait bien assez tôt. Pour le moment elle voulait s’amuser et oublier. La comète était repassée, il y a peu et bientôt, Stefan apprendrait qu’elle était en vie et qu’elle n’avait pas cherché à le revoir. Ou plutôt, pas chercher à le contacter, ce qui était très différent. Car elle l'avait espionné plusieurs fois. Elle se retourna vers le bel homme et laissa le pouvoir de persuasion faire son office. Après tout, elle allait avoir besoin de divertissement pour les prochains jours. L’homme lui murmura sa question a l’oreille et son souffle la fit frémir. Elle lui répondit doucement :

« Tu peux m’appeler … Katherine. »

De l’autre côté du pays, Stefan venait d’arriver au Manoir. Elena ne voulait pas lui parler mais il devait trouver un moyen de se réconcilier avec elle pour pouvoir la protéger. Un vampire semait le trouble en ville, plusieurs personnes étaient mortes non loin et le Conseil avait mandaté plusieurs personnes pour les trouver. Il y avait de plus en plus de veine de Vénus en circulation dans les boissons de la ville. Elena ne risquait rien des chasseurs, mais ce vampire … Il ne savait pas de qui il pouvait s’agir. Et peut-être qu’Elena accepterait de lui parler s’il se soumettait à sa volonté de garder Damon en vie, aussi dangereux que ce soit … De toute façon, il n’avait guère le choix. Damon reprenait des forces à vitesse grand V. Il avait déjà failli le tuer une fois et à la prochaine confrontation, il pourrait bien l’empaler pour de bon. Il lui restait beaucoup de veine de Vénus, si besoin, mais s’il voulait piéger son frère, il allait devoir être malin. A ce qu’il sache, il ne buvait que du sang de poche, bien à l’abri dans sa ruine. Il osait croire qu’Elena ne le nourrissait pas directement … Il ne voulait pas de ce genre d’intimité entre eux…

« Damon ?
- Oh petit frère. Venu chercher la bagarre ? »


Damon venait apparaître sur le seuil et imiter un combat de boxe le sourire aux lèvres. Pourtant, il fixait ses mains, près à esquiver si jamais Stefan tentait de lui injecter quoique ce soit. Il ne voulait pas se faire avoir comme ça. Il avait suffisamment absorbé de veine de Vénus pour un siècle ou deux.

« Je suis venu donner des informations. Après tout … nous sommes frères.»

Alors Stefan lui expliqua tout ce qu’il savait. S’il ne comprenait la présence d’autres vampires, Damon était persuadé que tout cela avait un lien avec son plan… Vingt-sept vampires étaient enfermés là, ils avaient des amis, des amours, de la famille … Autant de personnes capables de venir lui mettre des bâtons dans les roues. Il fallait qu’il se dépêche de trouver ce grimoire … Mais tout ça, il ne comptait pas en parler à Stefan.

Son frère avait un plan. Il avait toujours un plan, parfois il le partageait avec lui, mais pas toujours. C’était même plutôt rare. Et ça ne l’intéressait pas … Tout ce qu’il voulait savoir, c’est si Elena serait en sécurité. Mais ça non plus, Damon ne comptait pas le lui dire.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:30



... Chapitre 20 : Entre ses mains ...

« Cher Journal,

J’espère que tu excuseras mon écriture tremblante et la façon dont ma plume raye tes pages. Mes mains tremblent. Je ne comprends pas. J’aimerai pouvoir en parler à quelqu’un mais il n’y a personnes. Personnes. Sauf toi. J’ai du mal à respirer. Je lui faisais confiance. Je lui faisais réellement, absolument confiance. J’ai retiré mon collier pour lui ! Je l’ai laissé me mordre de mon plein grès ! Pire … je l’ai sorti de sa cage. Stefan avait essayé de me prévenir mais j’ai cru … Quel naïveté ! J’ai cru que je pourrais le calmer, le convaincre de ne massacrer personne. J’ai cru que je pourrais sauver tout le monde. Mais tout le monde souffre ! Je n’y peux rien ! Damon est Damon. Et moi, je ne suis qu’une pathétique petite humaine sans cervelle, qui n’a pas su écouter les mots d’un vampire âgé de plus d’un siècle. Il m’avait prévenu. »


Quelques heures plus tôt, Bonnie avait changé de comportement brutalement. Elle semblait épuisée ces derniers temps. Elena faisait de son mieux pour l’éviter, elle était toujours en colère contre elle mais elle ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter. Elles étaient amies depuis si longtemps … D’un seul coup, le visage de Bonnie avait changé. Son regard, quelques choses. Il y avait quelques choses de dérangeant. Elle s’était levée, en plein cours et était sortie, en marchant comme un zombie. Elena avait failli rester là sans rien faire, mais finalement, elle l’avait suivi. Malgré ses appels, Bonnie ne s’était pas retournée. Son regard était fixe et elle marchait vite tout en serrant compulsivement le bijou de Damon dans sa main.

C’est ce qui lui avait rappelé la discussion avec le vampire. Il lui avait dit que Bonnie serait possédée par Emily. A l’époque, elle était si fatiguée par les événements qu’elle n’avait presque pas réagit. Aujourd’hui, elle était un peu plus inquiète mais il lui dit qu’elle survivrait et elle lui faisait confiance. Totalement. Elle se contenta de suivre la jeune femme pour pouvoir la soutenir en cas de problème.

Bonnie s’était arrêtée devant une ruine, assez proche du Manoir. Elena regardait autour d’elle sachant que son ami passait le plus gros de son temps à restaurer la maison, il ne serait pas étonnant qu’il se montre. Il avait fini par arriver et ce qu’elle avait vu sur son visage l’avait inquiété. Il avait crié et elle s’était ratatinée sur elle-même. Emily avait formé un cercle de feu pour empêcher Damon de l’atteindre et d’où elle était, Elena voyait les flammes brillaient dans ses yeux. Il semblait simplement fou. Elle failli reculer avant de se souvenir que c’était Damon. Juste Damon. Elle ne risquait rien, elle devait simplement comprendre ce qui le mettait dans cet état et le calmer.

« Emily ! Je te jure devant Dieu que tu vas me le payer !
- Je ne te laisserais pas les relâcher dans cette époque. »


Elena se sentit blêmir, les vingt-sept vampires, Emily ne voulait plus les relâcher. Elle refusait de libérer Katherine. Si elle pouvait comprendre les raisons de l’ancêtre de Bonnie, quoiqu’elle n’avait aucune idée des massacres qu’ils pourraient perpétrer, elle comprenait aussi le drame qui était en train de se jouer pour Damon.

« J’en ai rien à faire des autres ! Ce que je veux c’est Katherine. »

Le feu crépita un peu plus fort et un instant, Elena eut peur qu’il ne cherche à le traverser, mais il recula. Elle tenta d’attraper son bras pour le calmer. Il se dégagea brutalement, sans même avoir conscience de qui l’entourer. Il devait la convaincre. Il devait trouver le moyen. Elle ne pouvait pas enfermer Katherine comme ça ! Elle lui avait promis.

« Je t’en prie, fais pas ça.
- Je ne peux pas les libérer et je ne le ferai pas. »


Emily leva le pendentif, la clef, à la hauteur de son visage, comme si elle voulait le montrer à Damon et l’homme se décomposa un peu plus encore. Elle le torturait et le savait, mais elle n’avait aucune pitié pour quelqu’un qui avait choisi de devenir vampire. Peu importe l’amour qui l’animait alors.

« Non, je t’en supplie, non.»

Les sanglots dans la voix de Damon firent l’effet d’une bombe à Elena qui se mit à hurler à son tour, d’attirer l’attention d’Emily, de gagner quelques secondes, mais la sorcière l’ignora et jeta le collier en l’air. Il explosa en vol. Le bruit fut assourdissant. Damon ne leva pas la tête, il regardait Emily et uniquement Emily. Elena loupa l’échange de regard qui se produisit alors, volonté contre volonté. Elle ne voyait que les étincelles produites par la destruction de la pierre. Si vives, si lumineuses, qu’elle en resta aveugler quelques secondes. Assez longtemps pour qu’Emily laisse place à Bonnie, que les flammes s’éteignent et que Damon bondisse …
Quelques heures plus tard, Elena tremblait toujours devant son journal.

« Je n’avais pas conscience de ce que pouvait faire Damon. Pas de cette façon-là, en tout cas. Que pourrait faire vingt-sept vampires assoiffés dans la ville ? Combien de personnes devront mourir avant qu’ils ne soient rassasiés. Ils se comporteront peut-être comme Stefan, avec du contrôle. Mais s’ils sont comme Damon ? Impulsifs.

Je tremble un peu moins à présent, mais la scène repasse encore et encore devant mes yeux. Je ne voyais pas grand-chose. Je me souviens nettement que l’air sentait la fumée. Je déteste cette odeur. Je la déteste tellement. J’ai ouvert les yeux, ils étaient pleins de larmes. La fumée me faisait mal et pourtant je l’ai vu. Se ruer sur Bonnie. L’attraper comme un fauve enragée et la mordre. Elle a hurlé et il a secoué la tête comme si … Comme s’il voulait lui briser la nuque. Je l’ai vu mourir. »


Elena lâcha son journal. Les sanglots lui prenaient la gorge, soudain, ils éclatèrent. Brutaux et déchirants. Les larmes inondèrent ses joues. Elle pleura, longtemps. Jusqu’à ce qu’elle sente son visage bouffi et désagréable. Elle se redressa, elle devait l’écrire. Elle devait s’en libérer. Elle chercha en tremblant son crayon alors que les mots se bousculaient dans sa tête.

« Elle avait la tête renversée en arrière. On aurait dit une poupée. Cassée. J’ai couru comme j’ai pu pour arriver sur eux et j’ai frappé Damon. Je ne crois pas qu’il s’en soit rendu compte pourtant ma main me fait toujours mal. J’ai vu le sang goûter le long de l’épaule de Bonnie. J’ai vu … son visage. Paisible. Je n’avais pas la force. Il tenait sa vie entre ses mains et moi, j’étais impuissante. Stefan aurait peut-être pu l’arracher de son cou en quelques secondes mais moi … Moi, je ne suis qu’humaine. J’avais pas la force. Alors j’ai caressé ses cheveux et je l’ai appelé doucement, tout doucement. La forêt était si silencieuse que j’avais l’impression d’hurler, mais le son peinait à passer mes lèvres. J’ai murmuré son nom jusqu’à obtenir son attention. J’ai vu son regard posé sur moi une seconde, un regard fou. Terrorisant. Les veines avaient envahis son visage et son regard … Il n’était plus bleu. Il était quelqu’un d’autre, mais c’était toujours Damon quelques part. Alors je lui ai dit que Bonnie était mon amie et qu’il devait la lâcher maintenant. Les veines se sont faites plus visible encore sur son visage mais ses mâchoires se sont ouvertes lentement et Bonnie est tombée. Elle avait les yeux fermés. Elle était morte.

Je me suis jetée sur elle. Enfin je suppose car je me suis retrouvée la tête contre sa poitrine, à chercher le son de son cœur la seconde suivante. Je me suis redressée et j’ai appelé Damon. Il ne bougeait pas. Il restait là, les bras ballant. Il avait l’air assommé. J’ai hurlé. J’ai hurlé jusqu’à ce qu’il se réveille et je l’ai supplié de donner du sang à Bonnie. Contre toute attente, il ne l’avait pas achevé … Mais elle agonisait. Elle agonisait et il ne voulait pas l’aider. Je l’ai haï à cet instant. J’ai senti tout mon corps pulsait d’une énergie étrange et je me suis ruée sur lui. Je l’ai giflé tout en le suppliant. Vraiment pathétique, mais il a fini par m’écouter. Il s’est ouvert le poignet d’un coup de croc. Le sang a giclé encore … La forêt devenait rouge. J’ai vu Bonnie déglutir le sang et la plaie se refermer. ‘Comme par magie’.

Et puis, je me retrouvée avec Bonnie réveillée, qui ne se souvenait pas comment elle était arrivée là mais qui se souvenait parfaitement de Damon l’attaquant et Damon. Le regard vide. Tellement vide. Une part de moi avait envie de le prendre dans mes bras et de le calmer. L’irréparable avait été évité. Une autre part avait simplement envie de lui planter un pieu en plein cœur pour avoir osé attaquer Bonnie. Pour m’avoir déçue … Alors je suis partie, j’ai ramené Bonnie chez elle. Je l’ai écouté me dire qu’il était un monstre. Je l’ai laissé le rabaisser, le maudire et m’expliquer que je ne devais plus le voir. Jamais. Je ne lui ai rien répondu car j’étais déjà tellement en colère. Haineuse. Je lui avais donné ma confiance et … Il m’avait trahie. Mais à présent que j’ai écrit ses mots, je me rends également compte à quel point il a du se maîtriser pour ne pas simplement lui briser la nuque. A quel point, il a dû se retenir pour pouvoir la lâcher. A quel point ça a dû lui coûter de la sauver pour moi. Et tout ça, alors qu’il venait de perdre la chance de retrouver la femme qu’il aime. Ça lui a fait tellement mal qu’il est resté en état de choc et je l’ai abandonné en plein milieu de la forêt.

Ca me fait peur. Ca me fait terriblement peur même, mais il faut croire que je suis prête à tout accepter de lui … même qu’il essaie de tuer l’une de mes meilleures amies. »
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:32

Plus que 14 ... On va y arriver Smile



… Chapitre 21 : Doutes …
Damon était assis dans le Manoir. Couché serait plus exact, à même le sol. Il regardait le plafond avec ce début de charpente qu’il s’était escrimé à monter le plus solidement possible. Pourquoi faire ? Il pensait partir bien avant la fin des travaux. A quoi un Manoir partiellement rénové pourrait servir à Elena ? Il savait qu’il en serait ainsi mais ça ne l’avait pas empêché de mettre toute son énergie dans ce projet, oubliant presque son plan diabolique qui s’écroulait un peu plus d’heure en heure. A présent, Elena semblait le haïr. Il avait failli tuer Bonnie après tout … et lui, tout ce qu’il pensait, c’était qu’il voulait finir ce Manoir. Il voulait l’habiter… car c’était la maison d’Elena. Il avait tout gâché, il était doué pour ça. Il ne savait que faire ça : tout gâcher.

Il se redressa et but une longue rasade de Whisky. Il y avait au moins une chose dont il devait venir à bout. Il devait libérer Katherine. Même s’il n’arrivait plus à l’aimer comme avant, même si … Il ne pouvait pas la laisser face à cette torture pour l’éternité. Il devait la libérer. Le cristal était détruit et la solution la plus évidente c’était envolée. Mais il avait craint qu’Emily ne le trahisse depuis si longtemps qu’il avait cherché d’autres solutions de briser le sort. Il avait entendu parler d’un grimoire … Le grimoire d’Emily. Caché on ne sait où. Et du journal d’un fondateur qui révèlerait l’emplacement du dit grimoire. Une véritable chasse au trésor … Il avait cherché les Journaux des fondateurs en vain durant des années. Sans réussir … Même en hypnotisant leurs descendants, les papiers étaient bien cachés et les dit descendant ignoré souvent ce qu’ils signifiaient. Il mettrait peut-être des siècles avant de réussir à mettre la main sur le bon journal, s’il n’était pas détruit avant et si lui-même ne se faisait pas tuer. Mais il ne devait pas être le seul sur cette piste, la ville se remplissait petit à petit de vampires vu le nombre d’attaque « d’animaux » qui se produisait. Rester à Mystic Falls serait bientôt un sport extrême.

Il se redressa totalement et alla chercher de quoi détruire un bout de murs. Il devait mettre des poutres en place pour être sûr que le plancher tienne le coup. Détruire, réparer, construire, ça lui vidait la tête. Si tout pouvait être aussi simple que ça … lui qui n’aurait jamais cru être un « bâtisseur ».

Lorsqu’Elena entra dans le Manoir, elle le trouva, une bouteille à la main et les cheveux pleins de poussière. Il leva la tête vers elle et ils restèrent figés quelques secondes. Elle le voyait encore, avec les veines apparentes et les yeux rouges, remplis de sang. Damon lui craignait de revoir la terreur dans ces yeux, mais Elena déglutit et leva son menton fièrement. Elle refusait d’avoir peur de lui. Elle voulait se souvenir d’une seule chose : au plus noir de sa colère, Damon avait su l’entendre et s’arrêter. Au plus profond de sa détresse, Damon avait su l’entendre et l’aider. Elle avança, aussi courageusement qu’elle en était capable et elle le prit dans ses bras.

« Je suis désolée pour le cristal. »

Il se raidit dans ses bras, s’attendant à moitié à ce qu’elle le trahisse et lui plante une seringue pleine de Veine de Vénus dans le corps. Il ne parvenait pas à se laisser aller, les effusions de sentiment, très peu pour lui … Alors il détourna le regard et resta silencieux. Il n’y avait rien à dire. Elle n’y pouvait rien et lui non plus. Il respira profondément son parfum léger. Il était plus grand qu’elle et dans cette position, il avait quasiment son nez sur sa carotide. Il aurait pu la mordre, il n’avait qu’à ouvrir les mâchoires et … Elena se recula.

« Est-ce qu’il y a un autre moyen de la libérer ?
- Peut-être.
- Laisses-moi t’aider.
- Non.
- Damon. Si je peux faire quoique ce soit, laisses-moi faire. Je ne veux pas voir de massacre en ville, mais … Je veux que tu retrouves celle que tu aimes. »


Damon caressa doucement sa joue, il n’était pas dupe, il voyait la souffrance dans les yeux de la jeune femme. Est-ce qu’elle culpabilisait à l’idée de lâcher ces vampires en ville ? Est-ce qu’elle s’en voulait de l’aider malgré tout ? Malgré Bonnie, malgré le sang, malgré les risques ? Il devrait lui dire qu’il était désolé pour Bonnie, mais il ne l’était pas. Alors il se tait encore.
Il se sentait faible. Plus faible que lorsqu’il était couché au fond de la cellule, en train d’agonisait. Un autre genre de faiblesse. Quelque chose qui le poussait à assembler des planches entre elle et à dévoiler ses plans. A être honnête. A lui faire confiance …

« J’ai besoin de trouver les Journaux des fondateurs. Peut-être … pourrais-tu chercher celui des Gilbert ?
- D’accord. Allons-y. Il y a des caisses entières de papier. Si Jenna me demande, on dira que tu es passionné par l’histoire de la ville et que tu m’aides pour un exposé. »


Damon ne bougea pas immédiatement. Il pensait qu’elle partirait, pas qu’elle l’inviterait, encore, chez elle. Elle ne lui laissa pas plus de temps pour réfléchir, elle lui attrapa la main et l’entraina à sa suite. Lui qui aimait maîtriser les situations n’en fut que plus désarçonné. Il s’attendait à moitié à ce qu’elle le conduise à Stefan, après tout, elle ne pouvait plus lui faire confiance. N’est-ce pas ? Quel genre de fille lui ferait encore confiance ? Mais bientôt il se retrouva face à une caisse pleine de papiers datant de la guerre, datant de sa vie humaine et il comprit qu’elle était sincère. La haine qui avait brillé dans ses yeux avait disparu. Il garda un masque neutre sur le visage avant de se mettre à fouiller activement au milieu des papiers. Il devait trouver ce journal.

Elena s’assit et le regarda fouiller dans les papiers. Il avait l’air froid, presque en colère. Le voir ici, assis à même le sol, à chercher un journal était des plus étranges. Elle le revoyait, encore et toujours, l’air haineux se jetant sur Bonnie. Comment pouvait-elle faire comme si de rien n’était ? Quel genre d’amie était-elle ? Le genre trahie et … Et amoureuse. Si elle pardonnait à Damon de lui faire tant de frayeur, ce n’était pas pour rien. Si elle était jalouse à l’idée qu’il retrouve cette Katherine, ce n’était pas pour rien. Si elle prenait sur elle pour l’aider à la retrouver, ce n’était pas pour rien. Si elle acceptait, encore, de remettre sa vie en jeu en restant près de lui … Ce n’était pas pour rien. Se l’avouer était plus compliqué et elle était toujours en colère. Autant contre lui, pour ce qu’il avait fait, que contre elle-même, capable de le pardonner d’une seconde à l’autre. Comme si rien ne s’était passé.

Damon sortit le Journal du coffre. Le Journal des Gilbert. Avec sa chance légendaire, ce ne serait sans doute que les mots d’un vieux fou, mais c’était un premier Journal. Il s’appuya contre le mur derrière lui et contempla la couverture épaisse et jaunie par le temps. Il n’avait pas envie d’ouvrir ce Journal. Ca le rapprocherai du moment où il libèrerait Katherine. Et il avait encore envie de rester là, en compagnie d’Elena. En même temps… Il avait furieusement envie d’ouvrir ce Journal, de trouver le grimoire, de sortir Katherine de cet enfer … et pour la suite, il verrait bien. Peut-être le haïrait-elle pour cette soif interminable ? Il se surprit à l’espérer un instant. Il n’avait pas envie de détruire la relation étrange qu’il avait avec l’humaine.

« Tu ne l’ouvres pas ? »

La voix d’Elena contenait de l’espoir, un frisson traversa le corps du vampire et il leva ses yeux couleur acier sur elle. Il observa attentivement sa peau, douce, délicate, parfaite, ses cheveux lisses qui encadraient son visage. Elle avait l’air d’une poupée de porcelaine, fragile. Son regard était doux … lui aussi plein d’espoir et il allait briser ça. Car il ouvrirait ce Journal tôt ou tard et il ferait sortir Katherine. Il aimerait sans doute Katherine … peut-être seulement parce qu’il l’avait aimé trop longtemps pour arrêter du jour au lendemain.

« Si. »

Damon ouvrit le Journal.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:34

Je crois que le plus gros soucis de ma ff, c'est le nombre de personnages ... Je n'arrive pas à tous les suivre tout le temps et du coup, il y a des persos qui disparaissent du paysage pour quelques chapitres Sad 

NOTE TRÈS IMPORTANTE :
Ce n'était pas prévu, mais la fanfiction s'assombrit et un premier thème dur va être abordé. Sans trop vouloir en dire, ça rentre dans la thématique du suicide. Donc les plus sensibles, je vous déconseille la suite de mon histoire.




… Chapitre 22 : Des yeux chocolat …

Jérémy ne tenait pas de journal. Ecrire n’avait jamais été une évidence, contrairement à sa sœur qui pouvait passer des heures devant un cahier. Pourtant, lui aussi aimait s’exprimer sur le papier … avant. Il dessinait. Il réinventait le monde, en image et chaque détail qu’il ajoutait rendait ce nouveau monde un peu plus crédible, un peu plus profond, un peu moins surfaix. Il aimait ça … avant. Jusqu’au jour où toute sa vie avait basculé. Ses parents étaient morts. Il savait que ça arriverait un jour, mais pas déjà. Pas avant d’être devenu un homme, un père, un mari. Pas avant d’avoir rendu sa mère fière. Pas avant d’avoir vu son père jouait avec ses petits-enfants. Pas maintenant. Et pourtant … l’accident lui avait arraché ses parents et lui avait rendu une sœur dévastée par la culpabilité dont le sourire ne dépassait plus la bouche. Ses yeux étaient rieurs avant. Avant.

Il s’était noyé dans la drogue. Il s’était défoncé. Il avait abandonné le dessin et s’était laissé porter par le courant. Il n’avait plus envie de rien, il voulait attendre … Un jour où l’autre, tout irait mieux, en attendant, il n’avait pas envie de vivre. Vicky l’avait sorti de là à sa manière, elle avait rendu la drogue plus plaisante. La vie n’était plus en noir et blanc, des nuances de gris étaient apparues, puis une tâche de couleur, presque fluorescente : Vicky. Vicky dansait. Vicky tournoyait. Vicky riait. Vicky vivait, tristement, salement, mais avec le sourire aux lèvres et elle l’entraînait dans la vie. Ils avaient tournoyaient ensemble, bien au-dessus des nuages. Jérémy ne dessinait plus, il vivait dans un dessin. Une œuvre multicolore, peinte par un fou qui avait tapissé le sol de sang. Alors, il regardait le ciel et uniquement le ciel. Et un jour, le sol les avait rattrapé. Le sang avait englouti Vicky. Elle était morte.

Jérémy n’avait pas repris le dessin. Il ne flottait plus. Le monde était redevenu gris et le son tamisé. Il ne se droguait plus … Ça ne lui servait plus à rien, les couleurs l’avaient fui. Chaque jour, il renfilait son costume, souriait, rouler des épaules, parler, bouger et chaque soir, il le retirait pour retomber dans cet état d’absence. Sa vie n’était qu’une comédie. Jenna s’inquiétait pour Elena. Il aurait pu être jaloux, mais pour ça, il aurait fallu que ça ait de l’importance. Ça n’en avait pas. Il aurait pu s’inquiéter pour sa sœur … Il aurait peut-être même dû. Il avait vu ce Damon et il avait bien vite décidé qu’il ne l’aimait pas. Un coureur de jupon au sourire charmeur hypocrite. Mais même ça, ça ne le faisait plus réagir. Elena était grande et si elle avait besoin d’un imbécile comme ce mec pour s’en sortir, très bien.

Par moment, des moments fugaces et rares, l’envie de dessiner rattrapait Jérémy. Il avait envie de mettre Vicky sur le papier. Comme ça, elle ne serait pas morte. Pas vraiment. Elle serait encore là, devant lui et il pourrait la laisser danser, danser, danser. Mais le monde est sourd, muet. Tous les sons assourdis par ce voile. Il n’y a pas de musique sur laquelle danser. Que le silence, moite et assourdissant. Il est coupé de la réalité et d’où il est, il pose un regard froid dessus. Vicky mérite mieux que ce monde-là. Il préfère la laisser partir plutôt que de lui infliger ça. Il préfère … Il a envie de la rejoindre. De mourir.

Et puis … Un jour, il y a cette fille et ses yeux chocolats. Elle le voit, elle le regarde, elle lui parle, elle lui sourit. Sa voix traverse le voile et le fusille. Il ne veut pas d’elle près de lui ! Il veut son silence, il veut ses regrets amers ! Il ne veut pas sourire et pourtant, le sourire qui lui monte au visage n’a rien d’une farce. Il n’est pas factice et il se hait pour ça. Comment oser sourire ? Comment oser regarder une autre fille ! Pourquoi faire ? Vicky est morte ! Vicky. Est. Morte. Il s’éloigne de cette peste qui ose le regarder de cette façon, avec de la joie dans les yeux. Tout ça n’est qu’une feinte. Il n’a pas le droit, il ne peut pas, il ne veut pas. Non ! Vicky est morte. Il s’éloigne.

Il rentre chez lui d’un pas lourd, traînant, sans volonté, le masque est tombé un peu trop tôt, trop ébranlé par cette idiote. Il allait devoir faire face à Jenna sans. Elena ne serait sans doute pas là. Ce n’était pas plus mal ainsi. Il ne voulait voir personne. La porte s’ouvre et il entend des voix à l’étage. Jenna est face à lui, en bas. Elena et son souriant hypocrite sont en haut. Il monte l’escalier sans un mot et s’enferme dans sa chambre. Son bloc à dessin est là, sur la table, à prendre la poussière. Il l’ouvre, détache consciencieusement une feuille et la porte à hauteur de son visage. Lentement, il la déchire. Le monde imaginaire est imaginaire. Il n’existe pas. Il réduit la feuille à l’état de confetti. Il saisit la suivante et l’arrache un peu moins délicatement, mais il ne la déchire pas : trop de bruit. Il veut son silence. Il la découpe à grand coup de ciseau. Le monde imaginaire est une farce. Le monde réel n’est pas mieux. Des confettis. Il pourrait presque voir le sang du sol les imbibaient. Une troisième feuille vient compléter la pile. Le sang grimpe lentement, tentant d’engloutir les petits bouts d’imaginaires détruit. Il y parviendrait. Le sang englouti tout. Les pages s’enchaînent jusqu’à ce qu’il ne reste plus que d’anciennes feuilles, déjà marqué de coup de crayon. Des super-héros, des guerriers, des hommes forts comme il aurait aimé l’être. Dans un autre monde. Ce ne sont bientôt plus que des carrés, découpés, déchirés, détruits. Le sang grimpe toujours. Il englouti tout. Il lui a pris Vicky. Il lui a pris ses parents. Il lui prendra tout.

La porte de la chambre s’ouvre avec fracas et Elena se précipite sur lui. Jérémy lève la tête, étrangement neutre à cette intrusion. Il grimace lorsqu’elle se met à hurler. Elle lui attrape les bras et le secoue en criant. Il baisse la tête et voit les doigts d’Elena crispé sur sa peau. Elle est pleine de sang. Elle hurle. Elle hurle. Il entend des pas précipités dans l’escalier, Jenna apparaît à la porte et pousse l’hypocrite. Elle se jette sur lui elle aussi. Il ne comprend pas. Tout lui parait lent, désordonné, étrange. Elena tremble. Il la sent trembler contre ses bras. Il a envie de lui demander ce qui ne va pas mais sa langue lui parait pâteuse. Jenna cri. Encore. Ne peuvent-elles pas respecter le silence ?

« Qu’est-ce que tu as fait Jérémy ? »

Il baisse la tête et observe, hébété, ses bras. Le sang jaillit de ses bras. Il ne vient pas du sol. Il observe les confettis et voit soudain clairement que le sang ne remonte pas, il coule. Il descend. Il trace des sillons et redessine un monde. Un nouveau monde. Un monde imaginaire. Le monde imaginaire existe. Jérémy a envie de rire mais il est fatigué. Jenna le secoue, elle ne veut pas le laisser dormir.

Soudain, elle s’arrête. Elle ne bouge plus. L’hypocrite semble l’avoir paralysé d’un regard. Que veut-il encore celui-là ? N’en a-t-il pas déjà fait avec ses sourires idiots ? Il a séduit sa sœur ! Maintenant, qu’il disparaisse ! Damon mord son propre bras et le sang goûte. Il tombe par terre. Sa consistance n’est pas liquide, mais légèrement pâteuse. Ça fait un bruit bizarre, qui perce le silence, mais surtout … Il est entrain de gâcher son dessin. Est-ce qu’il ne se rend pas compte ? Il est entrain de tout gâcher ! Jérémy darde un regard furieux sur le vampire qui plaque son bras contre sa bouche. Le sang envahi tout. Il l’englouti. Les yeux du jeune homme roulent de terreur dans leurs orbites, il tente de se dégager mais Elena le tient. Son regard se fixe sur Jenna. Jenna est entrain de nettoyer sa chambre. Comme s’ils n’existaient pas … Comme si elle était seule … Comme si …

Est-ce que le sang les avait englouti ?
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:34



… Chapitre 23 : Qu’as-tu fait ? …

Stefan était inquiet. De plus en plus d’attaque avait lieu dans les environs et le conseil devait être sur les nerfs. La situation devenait compliquée. Parfois, il se demandait même si ce n’était pas Damon qui faisait ses attaques pour lui pourrir la vie et puis il se souvenait que Damon faisait bonne figure devant Elena … Mais il n’y avait rien de bon chez lui. Quoiqu’elle puisse en penser. Il était tout à fait capable de s’éclipser pour aller saigner à blanc une personne ou deux. Ce n’était qu’un manipulateur de première après tout. Alors, il faisait des rondes en ville guettant les activités suspectes. Ça n’avait rien donné jusque-là et malheureusement, son régime alimentaire faisait que toute confrontation avec un vampire serait du suicide … Mais il ne voulait pas rien faire pour autant. Il ne voulait pas être ce genre d’homme.

Il lève soudain le visage et voit avec horreur la maison d’Elena. Une odeur de ferraille flotte dans l’air. Il se jette sur la porte et l’ouvre à la volée avant de grimper les marches quatre à quatre en suivant son instinct. Il déboule dans une pièce et un regard lui suffit pour comprendre. Damon a le menton dégoulinant de sang et le regard dur. Elena est en état de choc. Il y a du sang de partout et Jérémy, le petit frère d’Elena est tremble. Il est couvert de sang. Leur tante, Jenna, semble hypnotiser. Stefan se jette sur son propre frère et le plaque sur le mur en criant :

« Qu’as-tu fait ? Damon ! Qu’as-tu fait ? »

Damon ne lui réponds pas, en faites, il ne tourne même pas son regard vers lui, il regarde Elena. La soif qui envahi ses yeux par moment rends Stefan complètement fou. Le blanc de ses yeux qui vire au rouge profond. Les veines qui apparaissent sur le haut de ses joues et les cernes qui font leurs apparitions. Ça le dégoûte tellement ! Que veut-il faire maintenant ? Finir de saigner toute la famille ? Comme s’il n’en avait pas déjà assez fait ! Sans attendre, Stefan sort le pieu qu’il garde dans sa poche intérieur, au cas où, et l’enfonce dans la poitrine de Damon. Un hoquet de douleur traverse la bouche du vampire alors qu’il baisse les yeux vers l’objet en bois. La stupeur et le sang marquent son visage.

Derrière Stefan, les hurlements ont repris. C’est Elena. Cette chère et tendre Elena qui ne comprend pas qu’il vient de lui sauver la vie. Qui ne comprends pas qu’avec quelqu’un comme Damon il n’y a rien d’autres à faire. Il se retourne et la prend dans ses bras, lui murmurant que c’est fini. Damon ne leur fera plus de mal mais elle se débat et cri encore. Bientôt il comprend. Elle avait été hypnotisée pour s’inquiéter pour Damon. C’était la seule solution, sinon, pourquoi voudrait-elle l’aider ? Après qu’il ait osé attaquer Jérémy ? Il connait l’attachement qu’elle a pour son frère et sait qu’elle ne lui aurait jamais pardonné. Une preuve de plus qu’elle était hypnotisée.

« DAMON !!! DAMON !!! »

Elle hurle encore, frappant celui qui ose la tenir jusqu’à ce qu’il la lâche. Stefan baisse la tête, peu importe ce qu’elle veut faire il est trop tard à présent. Bien trop tard. Elle attrape le pieu à deux mains et tente de le retirer, mais le bout de bois est si long qu’il s’est planté dans le mur derrière lui. C’est tout ce qui maintient encore le vampire debout. Un bout de bois dans la poitrine. Elle tente de lui redresser le visage, de lui faire ouvrir les yeux, mais il reste … mort.

« Non, non, non, non, non ! Ne me fait pas ça ! Damon, réveille-toi ! Non ! »

Les larmes inondent son visage. Elle gifle le corps sans vie de toutes ses forces, espérant le réveiller, mais la tête de Damon part sur le côté, sans résistance. Elle hurle. Des sons inarticulés. Sans autre signification que la haine terrible qui l’envahi.

Stefan a tué Damon. Elle se retourne lentement et il peut voir toute la fureur sur son visage. Elle serre ses petits poings, comme si elle voulait se battre. Comme si elle pouvait le blesser. Elle se jette sur lui, abat ce poing serré contre sa joue et il se rend compte qu’elle peut lui faire mal. Mal au cœur. Il a tellement de peine pour elle, mais il ne peut rien contre l’hypnose de Damon. Rien du tout.

« C’était ton frère ! »

Elle hurle encore. Sa rage, sa colère, son angoisse, sa douleur, sa souffrance, sa perte. Autant de sentiments qui transparaissent dans sa voix. Stefan a tué l’homme qu’elle aime. Et elle, elle va le tuer. Elle abat son poing encore et encore, comme s’il avait le moindre effet, mais seule sa peau humaine s’abime, s’ouvre, se déchire. Elle saigne à présent et Stefan tente de l’arrêter, de la convaincre qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Il lui dit qu’il va emmener le corps pour que son frère puisse reposer en paix. Elle hurle. Toujours. Damon est à elle et il ne le touchera plus jamais.

Il la pousse doucement. Il est impossible de raisonner quelqu’un sous hypnose … Il ne peut que l’ignorer et faire disparaître Damon au plus vite. Il s’approche de Damon, sa gorge se serre. Il n’aurait pas cru que le tuer lui ferait autant de mal. Il s’était préparer à cette éventualité depuis si longtemps déjà … Une douleur vive lui traversa l’épaule. Il tourna la tête et vit un crayon à papier, très légèrement enfoncé dans sa chair. Elena le tenait encore, elle l’arracha pour le planter plus profondément, arrachant un cri au vampire qui se dégagea rapidement. Il s’éloigna, la regardant sa comprendre. Quel était cette haine farouche qui brillait dans ses yeux ? Damon n’avait pas pu l’hypnotiser de cette façon-là. La souffrance, l’inquiétude, ça pouvait lui ressembler mais il ne mettait pas ses « filles » en danger aussi inutilement. La pousser à le défendre physiquement n’avait pas le moindre sens …

Elle tenait fermement son crayon, uniquement arme si pathétique, dans son poing ensanglanté. Elle était bien campée sur ses jambes, prête à attaquer encore. Même si l’idée ne lui traversa pas l’esprit, elle venait de l’admettre. Elle était amoureuse… Le temps de s’en rendre compte, de l’accepter et on lui avait déjà arraché. Elle ne laisserait personne bafouée son corps un peu plus qu’il ne l’était déjà.

« Je ne te le laisserai pas le toucher.
- Elena. Calme-toi. Tu dois comprendre …
- Si tu ne pars pas immédiatement, j’irai te dénoncer au conseil de la ville pour qu’ils m’aident à te tuer, Stefan. Pars. Maintenant. »


La menace aurait pu le faire sourire si elle n’avait pas semblé si sincère. Le Conseil ne pourrait le blesser que s’il restait en ville et il n’avait plus aucune raison de le faire maintenant qu’elle le haïssait. Mais il sentit que s’il lui prenait Damon, il la blesserait d’autant plus. Elle avait besoin de temps pour se calmer. Et vu la façon dont il avait enfoncé le pieu à travers les os de son frère, elle ne pourrait pas le déloger de là.

« Je serai à la Pension. Quand tu seras prête à l’enterrer, je viendrais t’aider. Je suis désolé Elena, c’était la seule solution. »

Il sortit à reculons, d’un pas lent. La tristesse pesait lourd sur ses épaules. Autant d’avoir dû commettre l’irréparable que de voir l’état d’Elena après. Il posa la main sur son épaule, les deux plaies rondes étaient en train de se refermer. Il rentra à la Pension d’un pas lourd… Ses émotions lui faisaient mal. Tellement mal. Il se dit qu’il devrait appeler Lexi, elle pourrait le soutenir mais elle détestait Damon. Comme tout le monde à quelques rares exceptions près. Et il ne voulait pas voir quelqu’un qui le détestait. Il avait envie de se souvenir de ce Damon humain avec qui il jouait au ballon. De son frère, pleins de vies, amoureux de Katherine. D’un temps aussi heureux que reculait. Il voulait oublier …

A la maison des Gilbert, Elena avait regardé Stefan partir avant de retourner vers Damon. Elle avait lâché son crayon, lentement. Il était tombé au sol. La seconde suivante, Jenna le ramassait, l’essuyait en chantonnant et le rangeait. Elle nettoyait la chambre de fond en comble depuis que Damon l’avait hypnotisé dans ce sens pour la calmer. Pour laisser Jérémy s’abreuver de sang de vampire. La Veine de Vénus qui coulait encore dans ses veines affaiblissait tous ses pouvoirs, dont celui de guérison, mais il espérait que ce soit suffisant. Il n’en était pas certain. Il n’avait pas eu le temps de faire beaucoup plus. Et à présent, il était empalé contre le mur, dans une position ridicule, mort. Sans vie. Elena était debout devant lui, les larmes coulaient sur ses joues. Elle l’avait secoué, giflé, prit dans ses bras quelques minutes plus tôt. Maintenant, elle n’osait plus poser le moindre doigt sur lui. C’était un cadavre. Un cadavre fixé au mur de la chambre de Jérémy. Elle se retourna lentement, en pleurant et regarda son frère, couché sur son lit. Il avait les yeux fermés. Il ne bougeait pas. Il était mort. Ils étaient tous morts. Tout le monde mourrait autour d’elle.

Elle hurla.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:36

On rentre dans mes chapitres préférés (oui, oui, j'ai des chapitres préférés dans ma propre ff, c'est ça de s'aimer :love: ).



… Chapitre 24 : Souvenirs …

Stefan avait une bouteille à la main. Il la buvait par petite gorgée. Il remplissait son verre, vidait son verre, remplissait son verre et le vidait encore. Un certain nombre de bouteille indiqué que cela faisait un moment qu’il jouait à ce petit jeu. Il se souvenait et il souffrait.

Lorsqu’ils étaient enfants, il avait une admiration sans faille pour son grand frère qui osait affronter bravement leur père du haut de ses douze ans. Comme s’il était déjà grand. Comme s’il était déjà fort. Comme s’il pouvait se le permettre. Damon avait toujours été ainsi. Incapable de tenir sa langue sous le coup de la colère et malicieux. Guiseppe le regardait toujours avec ce soupçon de colère dans les yeux, mais ce n’était rien face aux sentiments qu’il dégageait lorsqu’il le regardait, lui. Stefan avait toujours soupçonné Damon de se mettre en avant, d’attirer l’attention de leur père, pour le protéger. Guiseppe n’avait jamais levé la main sur lui, alors qu’il lui était arrivé de céder à la colère face à Damon et pourtant … C’était bel et bien de la haine qui brillait dans ses yeux. Stefan avait cinq ans à peine, il ne pouvait que se cacher derrière son grand frère.

Il leva son verre et l’avala cul sec, le regard perdu dans le foyer éteint de la cheminée. Les souvenirs défilaient devant ses yeux, encore et encore, lui rappelant toute l’horreur de son geste.

Il était coincé dans un arbre. Il avait voulu aller cueillir des cerises. Il était monté et en avait mangé un certain nombre sans en ramasser beaucoup, mais au moment de redescendre, il s’était rendu compte qu’il était bien haut. Il avait regardé la maison familiale, au loin, hors de portée de voix. Il avait observé le sol, encore. Comment allait-il faire ? Il se souvenait avec une exactitude terrible de l’angoisse qui l’avait pris, alors qu’il ne se trouvait qu’à un mètre cinquante du sol. La chute aurait été rude et une jambe cassée ne pardonnait pas à l’époque. Il avait crié de toutes ses forces pour qu’on vienne le chercher. Il voyait la maison d’où il était. Peut-être qu’on l’entendrait ? Il avait vu son père passait dans la cours. Il avait cru un moment qu’il viendrait le chercher, car il avait tourné la tête dans sa direction, comme s’il avait entendu ses cris. Il n’était pas venu et plus tard, il dirait qu’il ne l’avait pas entendu.
Il était resté coincé dans l’arbre durant des heures, il s’était abîmé les mains, en essayant de descendre, mais il n’y était pas parvenu. Il s’était mis à pleurer lorsque le soleil s’était couché et qu’il s’était mis à faire froid. Il y avait pleins de bruits étranges autour de lui.

Au bout d’un certain temps, il avait vu une lumière au loin. Il avait crié, à plein poumons, et la lumière s’était rapprochée. Bientôt, il avait pu voir Damon qui tenait une petite lanterne apparaitre. Son frère le cherchait. Damon lui avait souri et avait ri, préférant le taquiner. Il n’avait pourtant pas dû passer à côté de ses joues gonflées par les larmes. Il avait dix-sept ans à cette époque, il était très social, il avait toujours des amis dans le voisinage et pourtant, il prenait toujours le temps d’être là pour lui. Le petit frère. Damon n’avait eu qu’à tendre les bras pour le faire descendre. A dix ans, Stefan n’était pas bien grand.


Stefan ferma les yeux, il se souvenait trop bien de son frère à cet âge-là. Plus courageux que jamais. Il le protégeait. Et quand on lui demandait ce qu’il voulait faire plus tard, il répondait invariablement ‘comme Damon’. Et puis … Et puis ils étaient devenus des vampires et plus d’un siècle avait passé. Damon avait changé. Ils avaient tous les deux changés. Assez pour que ce petit garçon en larme dans son cerisier puisse décider de tuer son sauveur, son grand frère.

Il avait douze ans et il était sur un cheval. Parce qu’un homme doit savoir monter correctement disait Guiseppe. Il était déjà tombé trois fois ce jour-là. Il avait l’habitude de monter, au pas et au trot, mais lorsque son père était à côté, à le fixer et à lever la voix, il se paralysait. Ses hanches ne suivaient plus la monture, il se déséquilibrait et il tombait. Son père l’avait remis de force en selle. Lorsque Stefan avait levé la tête, il avait vu son frère aux écuries. Sa gorge s’était nouée. Pourquoi ne venait-il pas l’aider ? Guiseppe avait produit un claquement de langue agacé et Stefan avait demandé le départ au galop … Encore. Le cheval était immense et à chaque foulée, il sentait son corps partir en avant ou en arrière. Il allait tombé. Il s’accrochait de plus en plus à la crinière en paniquant lorsqu’il avait entendu Damon crier.

« Père ! Votre cheval ! »

Il avait relevé la tête et avait vu Damon arriver en courant et annoncer que le cheval favori de Guiseppe avait encore sauté la clôture pour rejoindre les juments dans le pré des voisins. Sans un regard pour Stefan, l’homme était partit au pas de courses récupérer son animal. Damon avait attendu quelques secondes avant de souffler.

« Oooooooh. Du calme Birdy. Oooooh. Doucement. »

La jument avait immédiatement ralentit l’allure et était passé au trot. Stefan était toujours accroché à sa crinière, à moitié paralysé. Elle s’était finalement arrêté devant Damon qui lui avait longuement caressé la tête.

« C’est toi qui a ouvert au cheval de papa ?
- Sssshhhh … Pourquoi ferais-je une chose pareille ? »

Et Damon avait souri, car Damon souriait toujours.


C’était Damon qui lui avait appris à monter à cheval. Il avait fini par monter avec lui, à cru, jusqu’à ce qu’il arrive à suivre les mouvements de la jument sans lui donner de coup de pied, ce qui la faisait accélérer. Il lui avait appris à rester fier devant le regard plein de reproche que leur père lui lançait. Il lui avait appris à être un homme. Pas le plus vertueux, le plus droit ou le honnête. Mais quelqu’un de bien. Stefan sentit les sanglots lui prendre la gorge, il ne supporterait pas. Il ne pourrait pas. Il tenta de se noyer un peu plus dans l’alcool. Sa bouteille était vide, il en ouvrit une autre. Les souvenirs affluaient toujours. Ils avaient un goût amer.

Il avait dix-sept ans. Il avait bien grandit et son frère aussi. Il était maintenant un homme. Leur père avait dit à Damon qu’il était tant qu’il rejoigne l’armée. Damon avait refusé. Il ne voulait pas se battre, il ne voulait pas mourir et il voulait restée avec la belle Katherine. Mais Stefan avait vu son frère flanché et partir. A l’époque, son inquiétude n’avait pas été très vive. Damon était Damon. Il savait s’en sortir, il serait faire en sorte d’éviter d’aller au front.

Lorsque Damon était revenu, il avait cru qu’il avait déserté ou obtenu une permission. Son frère était resté flou et lui était encore trop jeune et trop insouciant pour voir la douleur dans ses yeux. Damon avait été blessé au front. Sa plaie s’était infectée et il se remettait tout juste de la fièvre qui avait failli lui coûtait la vie. Mais il voulait rester ce grand frère invincible que Stefan regardait avec des étoiles dans les yeux. Alors il n’avait rien dit. Il avait joué à la balle avec eux. Il était monté à cheval. Il avait caché ses douleurs derrières ses sourires. Ce n’était que bien plus tard, dans les papiers de Guiseppe qu’il avait trouvé la lettre qui accompagnait le retour de son frère. Il n’était pas un déserteur. Pas vraiment en tout cas, même si aux yeux de leur père, c’était le cas.


Peu de temps après, la chasse aux vampires les avait rattrapés. Ils étaient morts et ils s’étaient relevés. Damon était au courant et il l’avait un peu trahi en lui cachant la vérité. Mais il ne pouvait pas le lui reproché. Pas après l’avoir forcé à s’abreuver de sang humain, à se transformer et à vivre cette vie. C’est à cet instant qu’il avait perdu son frère lorsqu’il lui avait mis une femme en sang devant le nez, lorsqu’il l’avait forcé à céder à la soif. Par pur égoïsme. Parce qu’il voulait que son grand frère, son modèle, son meilleur ami, reste avec lui, pour toujours. Il n’avait pas sous-estimé sa peine. Il avait fait bien pire, il l’avait négligé… Sa dernière bouteille était vide, il se sentait comme le dernier des poivrots. Il avait l’alcool triste et ses souvenirs affligeants ne pouvaient que le faire culpabiliser davantage. Il reposa son verre et partit dans sa chambre. Il devait écrire tout ça sur le papier. Il devait fixer sa peine et ses angoisses. Parce qu’il ne devait jamais oublier…
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:37



… Chapitre 25 : Au bord du précipice …

Stefan ne mangeait plus, ne buvait plus, ne vivait plus. Elena n’était toujours pas venue le chercher, elle avait pourtant besoin de son aide. Il aurait cru qu’elle viendrait au bout d’une heure ou deux. Elle était dans une maison avec deux cadavres et une tante hypnotisée qui allait finir par mourir ou qui demanderait une hospitalisation lourde. Elle ne voudrait pas manger, pas boire, pas dormir, car Damon avait supprimé toute émotion de sa tête. Il l’avait rendu apte à une seule et unique chose : nettoyer. Jenna devait nettoyer. Cela faisait déjà deux jours qu’il attendait. S’il n’avait pas de nouvelles avant ce soir, il irait la voir. Il pouvait faire venir Lexi pour qu’elle rende à Jenna toutes ses facultés… Sinon la jeune femme serait un nom de plus à ajouter au tableau de chasse de Damon. Mais plus que son inquiétude pour Elena, c’était la culpabilité qui le rongeait. Les souvenirs affluaient toujours plus nombreux. Il se revoyait, les bras enroulés autour du coup de son frère, les yeux grand ouvert de panique, alors que Damon essayait de lui apprendre à nager. Plus tard, faisant la course à cheval au grand galop et sautant des obstacles dans la forêt. Damon souriait. Damon riait. Que s’est-il produit durant toutes ses années pour que Damon devienne méchant, faux, calculateur, manipulateur ?

Il avait cru pendant longtemps que Damon allait redevenir cet humain qu’il admirait et qu’il aimait. Mais son Damon n’était pas revenu. Il avait semé des cadavres un peu de partout, sans respect pour la vie humaine. Cela aurait été accidentel ou même contrôlé par une soif trop grande, il aurait pu comprendre. Il n’était que des vampires après tout. Des parasites, obligés de boire la vie des autres. Mais Damon se maîtrisait parfaitement. Il pouvait boire et soigner les plaies qu’il avait causé. A la place, il choisissait d’abandonner des cadavres. Il lui en avait voulu un temps, de ne plus être ce modèle qu’il pouvait suivre. Lui-même avait ses propres démons à combattre et une soif trop grande à maîtriser.

Plus tard, bien plus tard, après que Lexi soit passé par là et lui ait montré une autre façon de vivre. Une autre façon de gérer. Il avait voulu retrouver Damon. Oh pas ce simulacre de frère qui causait du tort à tant de personnes, non, son véritable frère. Celui qui transpirait d’humanité. Il avait enquêté et découvert que Damon avait éteint tout sentiment. Il ne pouvait pas être plus éloigné de ce qu’il avait été qu’à ce jour. Alors, il avait demandé à Lexi d’essayer de le lui ramener. Il allait mieux à présent, il se maîtriser presque et il avait besoin de son frère. Son amie de toujours avait souri et elle y était allée. Elle ne lui avait jamais raconté ce qu’elle avait vécu avec Damon, mais lorsqu’elle était revenue, son sourire avait disparu. Elle lui avait murmuré qu’elle ne pouvait pas lui rendre son frère humain car aujourd’hui son frère était un vampire. Un vampire qui avait beaucoup vécu et évolué, changé, tout comme lui, Stefan, avait changé.

Il n’avait pas fait le deuil de son frère pour autant. Il n’était pas prêt à admettre qu’il n’y avait plus rien à faire. Plus rien à essayer pour retrouver celui avec qui il faisait des parties de cache-cache dans la grange. Il voulait revoir ce garçon qui volait des pots de confitures pour lui faire des tartines en pleine nuit. Il voulait son frère. Ça avait été une idée fixe, durant longtemps. Plusieurs décennies en faites. Des années durant lesquels Damon lui avait affirmé et réaffirmé toute sa haine et sa joie à faire de sa vie un enfer. Jusqu’à ce qu’il finisse par le comprendre, au plus il voyait cet homme, au plus il se rendait compte qu’il avait perdu son frère depuis longtemps. Le jour où Damon avait goûté le sang humain, ce jour-là, il aurait dû commencer à faire son deuil. Il était petit à petit sortit du déni et avait accepté le fait que celui qu’il appelait « frère » à présent n’avait plus rien à voir avec son modèle, son héros … Il s’était éloigné, doucement, mais Damon continuait à le pourchasser, à vouloir faire de sa vie un enfer, sans qu’il n’y puisse rien. Stefan l’avait supporté en silence. Il ne voulait pas se battre contre lui. Il voulait faire son deuil en paix, sans l’ombre de ce corps lui rappelant ce qu’il avait perdu.

Quand il avait vu cette fille, il en avait eu le souffle coupé. Katherine ? Il avait bien vite compris que ce n’était pas elle. Elle s’appelait Elena et elle était merveilleuse. Un éclat de soleil dans son enfer personnel. Il voulait simplement être en sa compagnie et être heureux. Et puis … Damon était arrivé. Stefan avait fait son deuil depuis quelques temps déjà, le deuil de son frère, et il ne voulait pas qu’il gâche ce petit rayon de soleil qui éclairait sa vie pour la première fois depuis trop longtemps. C’était égoïste, mais il voulait que Damon disparaisse. Quelques années, comme il l’avait fait si souvent ! Il l’avait ignoré puis il lui avait demandé de partir. En vain. Damon tentait de retourné Elena contre lui, il en était persuadé. Il allait tout lui prendre, tout lui arraché, commettre ses atrocités dans la ville et son enfer allait le rattraper. Mais Stefan n’avait pas envie de se laisser faire … Il savait ce qu’il avait perdu et n’avait plus le moindre respect, le moindre amour pour cet homme. Alors, finalement, il lui avait planté un pieu dans le corps, il l’avait enfoncé profondément et avait observé ses yeux qui se voilaient. Il s’était sentit soulagé. Libérer d’un poids immense. Le cadavre de son frère, habitait par un esprit qui n’avait plus rien d’humain, allait cesser de le pourchasser.

Malheureusement, ce sentiment de plénitude n’avait pas duré. La culpabilité avait repris le dessus, exacerbée par sa condition de vampire. Il avait bu et avait laissé les souvenirs l’assaillir. Croyant que tôt ou tard, il en viendrait à bout. Il était en train de faire un second deuil… et c’était un cauchemar.

Il finit par composer le numéro de Lexi pour lui demander de venir. A sa voix, la vampire comprit immédiatement qu’il y avait eu un drame et que Stefan était au bord du gouffre. Prêt à craquer. Prêt à éteindre ses sentiments et laisser sa colère, sa peine et ses sensations dicter sa conduite. Il allait replonger s’il n’avait pas de l’aide, immédiatement.

« J’ai tué Damon. »

Le souffle de Lexi se coupa un instant. Elle savait bien que ce jour finirait par arriver, mais elle savait tout aussi bien tout l’amour que Stefan avait pour son frère. Sentiment ni partageait, ni méritait, mais sincère. Elle avait tout fait pour ramener un Damon avec une humanité à Stefan … en vain. Il n’y avait plus rien à ramener. Ou en tout cas, rien qu’elle ne puisse faire. Cet homme était rongé par la colère depuis beaucoup trop longtemps. C’était même étonnant qu’il ne soit pas mort avant, vu le nombre de fois où il avait cédé à l’impulsion du moment. Heureusement qu’il possédait une bague de jour, sinon il aurait été bien capable de se jeter au soleil dès que ce dernier lui aurait un peu trop manqué… Car il ne faisait jamais attention aux conséquences de ses actes. A présent, il était mort. Lexi aurait préféré que ce ne soit pas Stefan qui ait à le tuer … mais elle n’y pouvait rien. Elle lui promit d’arriver aussi vite que possible. Elle ne pouvait pas faire mieux. Elle ne pouvait qu’espérer qu’il tienne le coup.

Stefan raccrocha. Il avait du mal à respirer. Il se sentait nauséeux. Il avait soif aussi, terriblement soif, mais il s’en foutait. Il venait de l’admettre à haute voix et c’était la pire chose qu’il n’ait jamais dit. Il le revit encore à dix-sept ans, avec ses yeux d’enfants, essayant de mettre en application ses conseils. Damon lui avait appris à monter et surtout à descendre des arbres. Il lui avait montré comment rincé ses genoux lorsqu’il s’écorchait. Il l’avait bordé. Il lui avait raconté des histoires. Il lui avait appris s’amuser. Il avait été un père et une mère. Il avait été son frère. Et lui … Il l’avait tué. Stefan tomba à genoux et vomit. Les larmes brûlaient ses yeux. Son souffle était court, sec. Il lui blessait la gorge, une gorge déjà serré par la soif, envahissante. Soudain, Stefan hurla sa peine. Un cri de bête à l’agonie qui résonna longtemps dans les couloirs vides de la Pension.
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Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:37



… Chapitre 26 : Garce …

Elle sentit ses yeux s’écarquiller et son visage se marquer sous le coup de la colère. Elle respira profondément avant de poser la question qui lui brulait les lèvres d’une voix sèche, colérique.

« Qui ? »

Le vampire face à elle tangua sur jambes d’un geste tristement humain. Elle eut envie de le gifler pour ça ! Qu’il lui réponde au lieu de perdre son temps à s’humecter les lèvres ! Elle avait une vengeance à préparer ! Personne ne touchait aux frères Salvatore !

« Stefan. »

Elle vacilla sous le choc. Stefan ? Stefan avait tué Damon ? C’était impossible ! Damon n’était rien d’autre qu’un jouet, un passe-temps, à ses yeux, mais un passe-temps de valeur. Elle l’avait aimé, à une autre époque, dans un autre monde. Sa perte lui faisait mal d’autant plus qu’elle avait prévue de se jouer de lui dans les prochains mois. Si cela avait été un autre que Stefan, elle aurait au moins pu se venger. Séduire, trahir, faire souffrir et un jour, un beau matin, tuer. Mais elle n’y pouvait rien et c’était particulièrement désagréable. Elle n’y comprenait rien. Elle se souvenait parfaitement de ce qui brillait dans les yeux de Stefan quand il regardait Damon : de l’admiration. Sans doute plus qu’il n’en méritait d’ailleurs. Bien qu’il faille avouer que Damon était particulièrement divertissant, il manquait … de ce qui faisait Stefan. Ce brin d’innocence, de sincérité, d’humanité qu’il pouvait perdre dans ses moments de folies. C’était devenu un vampire magnifique. Tout en nuance. Et ce serait un formidable compagnon de jeu à n’en point douter. Damon lui était devenu tristement banal. Il avait perdu ce zest de folie qui aurait dû l’amener à commettre milles massacres. Dommage. Mais comment Stefan avait-il pu en arriver à tuer son frère ? Elle ne comprenait pas. Damon était devenu tout au plus, une entité négligeable ! Le vampire semblait de plus en plus mal à l’aise, alors elle siffla sèchement :

« D’accord. »

Il repartit comme il était venu, il était jeune et amoureux. Il suivait sa compagne bien plus âgée et elle lui faisait faire ses quatre volontés. Il s’en mordrait les doigts lorsqu’il comprendrait que si elle voulait ouvrir le tombeau, c’était pour récupérer son ami, son amant, son mari. C’était une amie suivant la définition très personnelle de Katherine. Elle se détourna et retourna vers la soirée. Elle adorait ces endroits, pleins de victimes potentielles. C’était un terrain de chasse délectable. Et surtout, elle n’était pas facile à repérer dans de telles assemblées. Elle aurait pu choisir une petite ville et hypnotiser ses habitants un par un. Elle l’avait déjà fait après tout et elle le referait sans doute, elle adorait les échiquiers humains. Mais elle n’avait pas envie de se ranger. Elle voulait faire la fête, s’amusait, s’éclatait avant de jouer un petit peu avec les Salvatore et de les séduire. L’un et l’autre, comme au bon vieux temps et voilà qu’on lui annonçait le décès de Damon. Elle avait attendu et encore attendu, faute de choix le plus souvent, de pouvoir retourner s’amuser avec eux. Le lâcher de vampire qui allait se produire pouvait lui donner une belle opportunité et apprendre qu’elle avait perdu Damon juste avant, c’était une crève-cœur. Une perturbation qui aurait pu être plus ou moins mineure si Stefan l’avait ignoré. Mais voilà, il était le meurtrier. Elle devrait jouer avec son côté sombre, ce serait plus dangereux mais peut-être aussi plus excitant ? Elle sourit, il était encore possible qu’elle y trouve son compte. Ou au moins une partie …

A son arrivée dans la maison familiale de Salvatore, elle avait rencontré ces deux jeunes hommes. Le grand frère, charmeur, taquin et plein … d’entrain. Et le plus jeune, plus doux, plus romantique et avec un regard. Il ne voyait plus qu’elle. Elle le savait et elle en jouait. Il y avait une alchimie très particulières entre eux trois. Ils savaient tout deux qu’ils courtisaient la même femme, mais ils s’aimaient trop pour s’en tenir rigueur. Elle les avait aimé d’autant plus pour ça, car elle pouvait se jouer d’eux encore et encore sans jamais provoquer de haine. Sans risquer d’en perdre un en cours de route. C’était très amusant et elle avait vraiment besoin de rire à l’époque. La chasse qui avait eut lieu ensuite avait été une tragédie à son sens. Elle avait dû quitter sa jolie ville.

Un sourire lui monta aux lèvres. Elle allait bientôt la retrouver. Sa ville. Avec un nouveau jeu d’échec tout neuf et une double Petrova à abuser, utiliser, manipuler et détruire. Ce serait absolument charmant ! Et si elle se montrait aussi douée qu’elle-même, peut-être trouverait-elle ça encore plus amusant ? Elle pourrait la vampiriser et jouer avec elle. Ensemble elles rendraient les Salvatore encore plus fous qu’ils ne l’étaient déjà. Son sourire se crispa et se changea en grimace. LE Salvatore. Mais qu’est-ce qui avait bien pu passer par la tête de Stefan pour qu’il lui fasse un coup pareil ? Elle avisa l’homme qui dansait près d’elle et se jeta à son cou. Elle lécha la plaie soigneusement et s’essuya le menton. Elle savait se tenir après tout ! Mmm. Sans la soif dévorante dû à la colère, ça allait déjà mieux.

Elle se souvenait, la première fois qu’elle avait plongé les crocs dans la peau fine de Damon. Il avait sursauté mais il ne s’était pas débattu. Il la tenait entre ses bras, comme pour la protéger. Il avait renversé sa tête en arrière et l’avait laissé boire de tout son saoul. Quand elle s’était redressée, elle avait vu son sourire éclatant. Elle était pleine de sang, de son sang et il lui souriait. Il s’était vautré dans ses draps. Son merveilleux sourire était resté longtemps sur son visage. Elle avait hésité et finalement ne l’avait pas hypnotisé. Elle aimait vivre dangereusement. Il ne l’avait pas trahi. Jamais. Il lui avait mis des bâtons dans les roues sans le savoir, en tentant de l’aider et il s’était montré si pathétique que ça avait fini la débecqueter. Damon pouvait être cruel en amour. Égoïste. Dominateur. Et tout ça, elle n’en voulait pas … pas pour compagnon. Pas pour amour. Mais elle ne le voulait pas mort pour autant. Elle devait aller voir, elle ne pouvait pas rester là dans l’incertitude. Et cet idiot de vampire à la noix avait mal compris ? Le Stefan qu’elle connaissait aurait préféré se jeter dans un brasier plutôt que d’abandonner son très cher frère. Elle devait y aller ! Mais elle ne pouvait pas. Elle était toujours en cavale après tout. C’était frustrant et ennuyeux.

Elle leva les bras et laissa son corps se balançait au rythme de la musique. Elle se fit sensuelle et désirable. Après tout … quoiqu’elle fasse, elle ne pourrait pas faire revenir Damon à la vie. Alors il fallait qu’elle fasse preuve de patience et pour ça, rien de tel que de la bonne musique. Elle dansa un moment contre un homme au corps musclé à souhait. Elle avait les yeux fermés et elle profitait de l’instant. Elle les rouvrit pour découvrir son partenaire, il lui fit un immense sourire ravageur. Un sourire à la Damon. Elle lui brisa la nuque. Il s’affala comme une poupée de chiffon. Le visage de Katherine était tordu par la rage. Non. Décidément, cette mort l’affligeait plus qu’elle ne pouvait l’avouer. Elle avait envie de tuer, de massacrer, de se venger de cette perte injuste. Elle souffla un grand coup et leva les yeux au ciel. Un peu de self contrôle ne serait pas du luxe. Elle enjamba le corps et quitta les festivités. Elle n’était vraiment plus d’humeur.

Elle était déjà loin lorsque les premiers cris résonnèrent. Quelqu’un venait de trouver le corps inanimé. Mort. Elle marchait sans but. Sans volonté, si ce n’est celle de fuir tout ce qui pourrait lui rappeler la perte qu’elle était en train de subir. Avoir l’éternité devant soit, ça veut dire abandonner les personnes en sachant qu’on pourra les retrouver tôt ou tard. Elle avait visiblement trop attendu. Elle aurait dû se douter que Damon, dans son impulsivité, ne serait pas capable de survivre longtemps. Elle aurait dû faire attention. Mais elle n’était pas du genre à supporter les regrets. Non. Elle avait envie d’un bain de sang alors elle aurait un bain de sang. Un nouveau sourire fleurit sur ses lèvres. Puisqu’elle était en colère, elle allait s’arranger pour décharger tout ça.
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Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:38



… Chapitre 27 : Déni …
Elena était restée entre les deux corps sans vie durant une demi-heure sans bouger. Le temps ne s’était pas arrêté pourtant, Jenna continuait à dépoussiérer chaque meuble avec le sourire aux lèvres. Elle contournait le lit où gisait Jérémy sans sourciller. Comme si ça n’avait aucune importance. Elle essuyait encore et encore le sang goutant du corps de Damon, pour éviter d’abîmer la moquette. Et elle souriait. Elle était paisible.

Elena parvient finalement à lâcher le corps de Damon des yeux. Elle ne pouvait pas voir son visage, puisque sa tête était tombée en avant, son menton reposant sur le haut de son torse, mais elle avait regardé ses mains. Cherchant le moindre mouvement. Puis ce torse, troué, transpercé, à la recherche d’un souffle. Il ne pouvait pas être mort. Il ne pouvait pas, elle allait s’occuper de lui, mais avant, elle devait s’occuper de son frère. Il n’était pas immortel lui. A peine cette constatation l’avait frappé, qu’elle se rua sur le lit et plaqua sa tête contre la poitrine de Jérémy. Son cœur battait. Normalement. Elle se redressa et vit son bras. Sa peau était sans défaut, sans marque, sans cicatrice, sans plaie. Damon avait réussi à le sauver. Elle tira comme elle le pouvait la couverture sur son frère, pour qu’il n’ait pas froid. Jenna avait ouvert la fenêtre après un froncement de nez. L’air était saturé de sang.

« Ça va aller. Ça va aller, Jérémy. Tu vas te réveiller et tout ira bien. »

Jenna commençait à ranger les quelques livres d’Art et les comics que Jérémy possédait par ordre alphabétique. Il allait avoir une chambre plus propre que jamais à son réveil. Elena s’approcha de Damon et lui murmura que Jérémy était vivant, que son cœur battait, qu’il n’était pas mort, qu’il l’avait sauvé et que maintenant c’était à son tour de se réveiller. Le corps ne bougea pas. Damon restait un cadavre. Il ne voulait pas simplement ouvrir les yeux et lui sourire. Elle avait redressé sa tête et fait un bond en arrière en voyant ses yeux complètement voilés par la mort. Non ! Il n’était pas mort. Il ne pouvait pas. Il n’en avait pas le droit. Elle le lui cria au nez, il ne réagit toujours pas. Mais elle sentit la colère refaire surface, elle saisit le pieu à deux mains et tira de toutes ses forces, oubliant les douleurs de ses plaies. Elle allait réussir. Elle allait retirer ce vulgaire bout de bois et Damon serait bien forcé de se réveiller. Elle perdit sa prise et bascula en arrière. Sa tête cogna contre le lit de Jérémy, mais elle n’y prit pas garde. Elle allait y arriver. Elle devait y arriver. Elle ne pouvait pas le laisser épingler au mur comme un vulgaire papillon ! C’était l’homme qu’elle aimait ! Elle rattrapa le pieu qui devenait poisseux et n’hésita à mettre un premier pied sur le mur pour tirer plus fort. Elle sentit que le pieu faisait un léger mouvement vers elle, alors, elle donna en grand coup de pied dans le mur en tirant de toutes ses forces. Elle hurla et soudain, ils tombèrent. Damon était toujours empalé mais elle avait réussi à le déloger du mur.

« Désolée ! Je suis désolée ! Je vais y arriver d’accord. Ça risque de faire mal. Serre les dents d’accord ? »

Il ne lui répondit pas. Son corps gisait dans une position ridicule. Il était mort, mais elle ne le voyait pas. Elle ne voulait pas le voir. Elle ne voulait pas en entendre parler. Damon allait ouvrir les yeux. Il allait lui sourire. Il allait vivre ! Elle allait le sauver. Elle poussa son épaule jusqu’à ce qu’il bascule sur le dos et posa les genoux sur son torse pour le maintenir au sol. Elle allait y arriver. Elle allait … d’un grand mouvement, elle parvient à déloger le pieu.

« C’est fait ! C’est fait ! Damon ? Damon … réveilles-toi. »

Damon ne bougeait pas. Son visage n’était pas tordu par la souffrance qui aurait dû l’habiter. Il ne se réveillait pas et pour cause, il était mort. Elle s’effondra en sanglot. Damon était mort. Elle resta assise, jusqu’au petit matin, à jouer avec le pieu ensanglanté sans s’en rendre compte. Damon était mort. Des pensées idiotes lui traversaient la tête. Qui allait libérer Katherine ? Damon aurait tenu à ce qu’elle soit libre. Elle ne devait pas rester enfermée. Il ne l’aurait pas voulu … Qui allait rénover le Manoir ? Ils avaient dit « ensemble ». Personne ne pouvait remplacer Damon. C’était leur maison… Leur maison. Les larmes reprirent de plus belle. La mort est toujours injuste, elle n’arrive jamais au bon moment, lorsqu’on est d’accord, lorsqu’on n’a pas laissé mille choses en plan, qu’on a fini un chapitre de sa vie. Ses parents le lui avaient bien montré, ils étaient morts trop tôt, trop vite, en plein milieu de leurs vies. Sans avoir eu la chance de pouvoir prévoir quoique ce soit. Ils auraient aimé voir leurs enfants diplômés, voir Elena miss Mystic Falls ou au moins participé à la fête, voir les premières expositions de Jérémy, … Ils auraient voulu vivre.

Le visage de Jenna commençait à être marqué par la fatigue et ses gestes devenaient mécaniques, désordonnés, brouillons, mais elle ne s’arrêtait pas. Elena n’y prenait pas garde, toute concentrée sur sa perte.

En milieu de journée, Jérémy avait ouvert les yeux. Il se sentait nauséeux et son bras lui paraissait un peu engourdi. Il le massa machinalement avant de se redresser, les yeux mi-clos. La première chose qu’il vit en les ouvrants, c’était Jenna, elle frottait le mur. Que faisait-elle là ? Il passa une main dans ses cheveux, cherchant à se réveiller et il vit, soudain, ce qu’elle frottait. Une énorme tâche brune. Du sang. L’adrénaline fit le tour de son corps et il se leva brutalement. Sa sœur était dans un coin de la pièce. Elle était blessée. Elle jouait avec un bout de bois et … l’hypocrite, le charmeur, l’imbécile qui faisait les yeux doux à Elena était là. Mort. Un trou à la place du cœur. Elena tenait visiblement l’arme du crime. Il recula comme il pu sur son lit. Elena avait tué Damon ?

« Jérémy ? Jérémy aide moi. Je n’arrive pas à le réveiller. »

Les souvenirs affluèrent dans la tête du jeune homme et il se revit, le bras en sang. Il revit cet homme, Damon, avait son visage étrange. Il lui avait forcé à boire du sang peu avant qu’il ne s’évanouisse. C’était pour ça qu’Elena l’avait poignardé ? Il regarda son bras. Il n’y avait plus de plaies. Jenna frottait encore la trace de sang. Il regarda encore Elena avant de comprendre. Hier soir, il avait dû replonger dans la drogue … Cette fille et ce sourire. Il ne l’avait pas supporté. Il avait dû prendre un truc de costaud pour ce faire un bad trip de cet ampleur. Dans ces cas là, il n’y avait que trois solutions. Vivre le bad trip et non merci. Allez manger un morceau en espérant que l’horreur resterait confinée dans sa chambre. Se rendormir comme si de rien n’était. Son ventre gargouilla, lui apportant la réponse : manger. Il se leva comme si de rien n’était, contourna le corps de Damon et descendit se préparer un sandwich. En haut, les sanglots lourds avaient repris. Elena était en train de craquer … Jenna, Damon, Jérémy. Tout avait changé. Elle prit sa tête dans ses mains et pleura. Elle se recroquevilla sur le sol, contre Damon. Elle ne voulait pas le laisser seul.

A la Pension, Lexi venait d’arriver. Elle n’était pas seule, Lee avait préféré l’accompagner. L’heure était grave et elle aurait besoin d’aide. Lee, c’était l’homme de sa vie. Il l’accompagnerait au bout du monde, mais il n’appréciait pas particulièrement Stefan qu’il voyait comme un possible rival. Il voulait l’éternité avec Lexi, il n’avait pas envie de la partager et il lui cédait déjà une journée par an. Mais sa femme savait d’un sourire lui faire accepter n’importe quoi. Alors il était venu.

Maintenant, il regardait d’un air froid Lexi hurlait au visage de Stefan. Il avait tué son frère, soit ! Mais il avait osé le laisser auprès d’Elena ? Dans cet état-là ? Il avait laissé la jeune femme qu’il aimait entre deux cadavres et une tante hypnotisé ? Était-il devenu complètement idiot !? Il lui répondit faiblement qu’il ne voulait pas la traumatiser davantage en prenant le corps qu’elle défendait… Lexi le gifla.

« Je vais réparer tes horreurs. Ne t’avises pas d’éteindre ce qu’il te reste de conscience pendant mon absence ! »

Lexi avait quitté la Pension, laissant à son compagnon le soin de surveiller Stefan, elle avait couru aussi vite que possible et c’était retrouvé devant la maison de Gilbert. Elle avait sonné, faute de pouvoir entrée et un jeune homme lui avait ouvert. Il mastiquait tranquillement un sandwich et elle se demanda si elle ne s’était pas trompé de maison.

« Bonjour, je suis une amie de Stefan. Puis-je entrer ? Je voudrais voir Elena.
- Ouais, ok. Entre. »


Elle rentra. L'odeur du sang était net. Le garçon repartit dans la cuisine, laissa une Lexi perplexe. Elle suivit l’odeur du sang. Elle se retrouva bientôt dans la chambre du garçon. Damon était couché en plein milieu, mort. Une femme, la tante supposa-t-elle, frottait la tâche de sang qui s’était incrusté dans le mur, très visiblement hypnotisée et épuisée. Elle avança et découvrit quelque chose qui l’horrifia. Katherine. Cette fille était pourtant humaine, atterrée, couverte de sang, elle fixait ses mains avec horreur mais elle ressemblait tellement à Katherine. Qu’est-ce que Stefan lui avait caché ? Elle ne comprenait pas.

Elle attrapa la femme par les épaules et captura son regard.

« Tout va bien. Tu as bien travaillée. Maintenant, tu vas aller te reposer. Lorsque tu te seras reposée tu reprendras ta vie. Il ne s’est rien passé dans cette pièce. Tout va bien. Il y a juste une décoration étrange depuis Haloween. D’accord ?
- Tout va bien, je suis juste un peu fatiguée.
- Oui. »


Jenna partit dans sa chambre, ignorant les traces de sang que ses pantoufles laissaient derrière elle. Lexi souffla. Une de sauvée. Maintenant, il fallait qu’elle s’occupe de la pseudo Katherine.

Elena avait fixé ses mains durant un moment comme si elle avait eu une révélation. Damon n’était pas mort, car Damon était un vampire et les vampires ça ne meurt pas aussi facilement, aussi bêtement. Alors Damon. N’était. Pas. Mort. Elle avait relevé la tête et fixé cette femme qui osait toucher à sa tante, qui osait s’approcher de Damon.

Elle s’était relevée et Lexi avait reculé. Elle n’avait pas compris quand Stefan le lui avait dit mais à présent, elle voyait la fureur qui habitait ce petit corps fragile. Cette fille allait devenir folle. Cette fille … était amoureuse. Lexi porta une main à sa bouche, étouffa un hoquet de stupeur. Stefan n’avait pas tué un ami. Il avait tué son compagnon devant elle. Bien-sûr qu’elle protégeait son corps ! Elle ferait tout pour lui, comme elle-même aurait tout fait pour Lee.

« Il n’est pas mort. »

Lexi regarda attentivement Damon et se surprit à l’espérer. Pour cette fille et pour Stefan, mais Damon ne bougeait pas. La vie avait quitté son corps. Voyant qu’elle s’apprêtait à la raisonner, Elena répéta, plus fort :

« Il n’est pas mort !»

Damon ne bougeait pas. Il n’ouvrait pas les yeux. Il entendait cette voix forte, claire, passionnée : Elena. Elena parlait de lui. Il aurait voulu aller la retrouver et la rassurer, lui faire un sourire avant de reprendre avec elle : bien-sûr que je ne suis pas mort, mais il n’avait aucune prise sur le monde. Il était seul. Isolé. Ses cris de souffrances n’atteignaient pas leurs oreilles. Était-ce ça, la mort ? Une éternelle souffrance auprès de personnes qui finiraient par l’oublier, par tourner la page ? Il tenta d’hurler. Il voulait qu’on l’entende. Il le voulait tellement.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:39



… Chapitre 28 : Enfer …

Lexi fit des gestes lents. Des gestes doux. Elle se dirigea comme ça jusqu’au lit et s’assit. Cette fille allait devenir folle si personne ne faisait attention à elle. Si personne ne respectait sa souffrance. Elle en avait parfaitement conscience et elle ne voulait surtout pas commettre l’irréparable. Même si elle avait le visage d’une garce, ce n’était qu’une fille amoureuse. Elena la regardait toujours avec colère. Elle ne savait pas exactement qui était cette vampire, mais elle protégerait Damon envers et contre tous. Lexi décida de prendre la parole :

« Tu as retiré le pieu. »

Elena regarda l’objet qu’elle tenait encore entre les mains, humide, dégoutant et pourtant elle ne le lâchait pas. Elle en avait encore besoin. Elle ne répondit pas, mais Lexi continua, d’une voix douce, tranquillement, compatissante.

« Il n’a pas cicatrisé. Il ne s’est pas réveillé.
- Il va se réveiller. Je vais le réveiller.
- Comment ? »

Elena leva la tête, surprise qu’on ne lui répète pas simplement que Damon était mort. Elle allait le réveiller. Elle savait qu’il y avait une solution. Un détail l’avait marqué. Cette odeur. Elle était mélangé au sang, alors elle n’arrivait pas à la reconnaitre. Elle porta le pieu à son visage et inspira, comme elle l’avait fait pour ses mains. Cette odeur. Elle était nette. Elle la connaissait. Elle la connaissait bien, très bien, trop bien. Elle avait compris.

Elle regarda Lexi, une seconde et la vampire sourcilla. Sans attendre, la jeune humaine attrapa la paire ciseau que Jérémy avait utilisé pour s’automutiler il y a si peu de temps. Avant que Lexi n’est pu réagir Elena avait refermé les lames sur son bras plusieurs fois avant de faire tomber le sang sur le visage de Damon. Le poignet contre la bouche de Damon et l’oreille sur son torse, à la recherche d’un signe de vie. Lexi, d’abord désarçonnait, se mit elle aussi à suivre l’état du corps, écoutant, regardant. Mais il ne bougeait pas et ne produisait pas le moindre son, malgré le sang qui envahissait sa bouche. Au bout de quelques minutes, elle allait lâcher un ‘je suis désolée’ lorsque l’impensable se produisit. Le cadavre avait laissé échapper un battement de cœur. Un seul. Unique. Isolé. Incohérent, mais pour révélateur. Il n’était pas mort.

Lexi était confuse. Les plaies ne s’étaient pas refermées ? Pourquoi ? Il aurait fallu qu’il soit quasiment exsangue un moment d’être empalé pour que ce soit le cas ! Aucun vampire ne se baladait dans une maison pleine d’humain dans un tel état et encore moins le Damon Salvatore qu’elle connaissait. Elle se leva et alla vérifier son état de plus près, cherchant à comprendre.

« C’est le pieu. Il en était plein. C’est le pieu ! »

Lexi regarda Elena sans comprendre. Le pieu ? Elle voulut le voir de plus près et posa la main dessus avant de la retirer précipitamment. Elle s’était brûlée. Le pieu était humide, elle avait cru que c’était dû au sang, mais en réalité, il était imbibé de Veine de Vénus, comme s’il avait été laissé à macérer dedans durant des jours. Stefan avait suivi son plan, il s’y était brûlé les doigts de bien des façons, mais il avait commencé à momifier son frère. Damon devait encore avoir une certaine quantité de Veine de Vénus dans le sang pour que cela ait eu un effet aussi spectaculaire.

Un second battement. Puis un troisième plus rapproché. Les plaies étaient encore béantes. Ouvertes. Si loin de la cicatrisation que Lexi s’en inquiéta.

« Elena, arrêtes. On va aller lui chercher des poches de sang pour le réveiller. Il n’est pas mort et il ne mourra pas d’attendre un peu, mais s’il revient à lui, il aura besoin de boire. Beaucoup plus que tu ne peux le lui en donner.
- Je ne le laisse pas.
- Elena …
- Je. Ne. Le. Laisse. Pas. »


Lexi grimaça, sortit son téléphone et appela Lee. En quelques mots, elle lui expliqua la situation et lui demanda de ramener des poches de sang aussi vite que possible. Derrière lui, Stefan hurlait que ‘non’, il ne fallait pas ramener Damon. Il devait être mort. Damon était mort. Mais Lexi précisa que les poches de sang étaient pour la sécurité d’Elena, car Damon était déjà éveillé et Stefan se tut. Elle soupira, sachant à quoi elle condamner Stefan et de quoi elle le sauver. Il avait voulu croire son frère mort, alors qu’il ne l’avait qu’endormi. Il voulait sa mort, au plus profond de lui-même, mais il était incapable de le tuer. Il ne pourrait jamais le tuer, quoiqu’il fasse …

Au même instant les mâchoires se refermèrent volontairement sur le poignet d’Elena. Les crocs s’enfoncèrent dans sa chair, lui tirant une grimace de douleur. Elle lâcha un cri, mais Damon serra plus fort, aspira plus vite, déglutit et replongea ses crocs, causant une seconde marque. Il revenait de loin. Il revenait de l’Enfer. Un bain de douleur dont il ne pouvait pas se défaire. Il ne pouvait pas s’en extraire. Il n’arrivait plus à bouger. Il était mort. Et pourtant, chacun de ces nerfs étaient à vif. La souffrance formait un carcan terrible. Son cœur était si douloureux, compressé, enserré, écrasé … Il agonisait et la mort, stupide mort, ne voulait pas de lui. Il entendait bien ce qu’il se produisait autour, sans pouvoir agir, sans pouvoir aider, sans pouvoir se libérer. Il allait devenir fou de douleur si cela durer une seconde de plus et les secondes s’égrenaient depuis si longtemps. L’éternité ne lui avait jamais parue aussi longue. Et puis … un flash. De la lumière. Du goût. Il mord un peu plus, ne prenant pas garde aux cris. Il mord encore, il aspire, boit, avale. Les cris, plus net, percent ses oreilles. Il connait cette voix. Lexi. Lexi hurle et tente de lui faire lâcher prise. Il mord plus profondément. Un hoquet de souffrance se fait entendre de sa victime. Qu’importe. Il a besoin … Il a soif. Il penserait aux conséquences plus tard. Il avale. Le sang est chaud. Il aspire la vie petit à petit et son cœur se remet à battre. Ses plaies se referment lentement. Lexi cri toujours, faute de pouvoir le déloger sans déchirer totalement le bras de l’humain qu’il ponctionne, elle tente de le raisonner. Comme si elle avait le moindre pouvoir sur lui. Elle n’était pas … Elena. Elena aurait pu l’arrêter.

Doucement, alors qu’il reprenait pied, il se mit à sentir cette main douce, qui passait dans ses cheveux. Cette main, il se laissa aller contre elle et continua à avaler. Doucement mais sans s’arrêter. Lexi tentait de raisonner quelqu’un d’autres à présent. Elle ne criait plus. Elle ne suppliait plus. Elle exposait ses arguments, cherchant une faille dans un raisonnement qu’il ne comprenait pas. Et puis, ce fut sa voix. Elena. Elena était là.

« Damon. Tu me fais mal. Arrêtes.»

Il ouvrit brutalement les yeux et comprit que sa victime, c’était elle. Elena. Au prix d’un effort terrible, il parvient à la relâcher, mais il avait si soif. Si soif. Lexi parlait encore, mais il n’écoutait pas. Il regardait Elena. Les yeux dans les yeux. Elle le soutenait. Elle était pâle et elle tremblait, il avait trop bu. Il n’avait pas assez bu. La soif lui monta aux yeux, il sentit son visage se déformer et s’attendit à ce qu’elle détourne le regard devant sa monstruosité. Elle ne le fit pas. Elle lui sourit tendrement et lui promet que du sang arrive. Il combla l’écart entre eux et se réfugia dans ses bras. Il se sentait tellement … pathétique, mais la douleur. La douleur ne le quittait pas. La verveine remplissait toujours ses veines, lui causant mille brûlures.

Lexi les observait, médusée. Qu’une fille tombe sous le charme de Damon, elle pouvait le comprendre. Ça lui était arrivé, il savait se faire charmant. Qu’une fille tombe amoureuse, elle pouvait toujours le comprendre. Mais ce qu’elle voyait là, ce n’était pas un amour à sens unique et ça … elle ne le comprenait pas. Damon était amoureux ? Elle l’observa, médusée, se recroqueviller contre le ventre de cette fille. Il ne la mordait pas. Il ne la saignait pas à blanc. Il luttait contre la soif pour elle, avec elle. Lexi avait vu le moment où il allait la tuer, quelques instants plus tôt et il avait suffi qu’Elena ouvre la bouche pour que Damon se calme dans la seconde. Elle n’en revenait pas, mais … Il l’aimait.

En bas, la sonnette se fit entendre. Lee arrivait avec la commande de sang. Elle se leva et les laissa ensemble. Elle n’était plus inquiète. Elena avait plus de pouvoir sur cet homme qu’elle n’en aurait jamais.


Note de fin : Il y avait 3 versions possibles. Maintenant que le suspense est levé, j’aimerai vous en parler Smile Je vous met tout ça en spoiler ... et j'espère que vous ne serez pas trop horrifiée des deux autres possibilités Laughing

Spoiler:
La première des versions, la plus soft, le pieu est imbibé de Veine de Vénus, ce qui paralyse complètement Damon. Le bois dans le corps + la Veine de Vénus + le sang qu’il perd, le laisse KO, incapable de bouger. Elena le décroche, retire le bois + la veine de Vénus, lui redonne du sang, il guérit. C’est la version que j’ai choisi de développer.

La seconde version, Stefan a tué Damon. Damon se retrouve donc de l’autre côté, invisible aux yeux de tous, mais il voit tout, il entend tout. On aurait pu suivre l’histoire plus ou moins de ce point de vue, suivre ses colères, ses envies et finalement, tuer Jérémy, faire revenir Jérémy et voir Jérémy faire semblant de ne pas voir Damon. On sait également qu’il n’y a pas que « l’autre côté », on a plusieurs allusions à autre chose et Elena n’était pas humaine mais un Double Petrova, ils auraient peut-être pu se rejoindre dans cet « autre chose ». Le gros point noir, c’est que je m’éloigne beaucoup de la série, ça veut dire plus de liberté mais aussi plus de risque de perdre l’ambiance. Ça ne veut pas dire que je ne le ferais jamais, je n’en sais absolument rien, mais visiblement : « pas aujourd’hui ».

La troisième version, la plus cruelle. On reprend la plus soft, Stefan ne veut pas tuer Damon mais le momifier et Elena tue Damon accidentellement en décrochant le pieu … Stefan doit donc faire face à plusieurs types de culpabilités et de colère, tout comme Elena. Et on repart sur la fin de la deuxième version avec l’autre côté X 2 et tout et tout.
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Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:40



… Chapitre 29 : Soif de sang …

Il les observait, tendu, inquiet. Il ne comprenait pas que sa compagne prenne autant de risque. Ça n’aurait tenu qu’à lui, il aurait attrapé cette fille, cette Elena et l’aurait emmené ailleurs. Au moins dans une autre pièce. Mais Lexi lui avait dit de donner les poches de sang à Elena et de la laisser faire. Comme si une petite humaine pouvait survivre au contact d’un vampire impulsif et assoiffé. Il avait rechigné mais il s’était exécuté. Après tout, ce n’était qu’une humaine. Il ne la connaissait même pas. Quand elle avait attrapé les poches, il avait très nettement vu les plaies sur son bras. Des morsures profondes, qui avait déchirée la chair et sans doute abîmés quelques tendons. Quel gâchis.

Damon avait planté ses crocs dans les poches, il faisait toujours face aux vagues de feux qui irradiaient son corps. Trop de verveine, pas assez de temps … Il allait souffrir un moment, mais entre les bras d’Elena, il buvait tranquillement, refusant d’y penser. La douleur allait simplement finir par passer. Il posa les yeux sur les marques profondes de morsures. Elle grimaçait par moment, montrant qu’il l’avait réellement blessé. Entre deux poches de sang, Damon se redressa légèrement pour se retrouver appuyer contre le mur. Il n’y avait plus que sa cuisse en contact avec Elena. Elle restait proche. Trop proche, c’était dangereux.

« Lexi. Soigne-la et emmène-la ailleurs.
- Non ! Je reste avec toi.»


Il se sentait fatigué. Beaucoup trop fatigué. La douleur se refaisait plus insistante. Lexi se leva et il soupira de soulagement. Elle allait forcée Elena à partir et il pourrait péter les plombs sans prendre de risque pour elle. Il faudrait simplement qu’il aille chez les voisins … Pour ne pas toucher à la famille d’Elena. Oui, c’est ça. Chez les voisins. Lexi s’agenouilla devant Elena qui la regardait de ses grands yeux sombres. Elle ne voulait pas partir, pas juste après l’avoir retrouvé.

« Je crois qu’il faudrait que tu arrêtes de saigner. »

Lexi coupa la peau de son bras d’un coup d’ongle et le proposa à Elena. Voyant qu’elle ne bougeait pas, visiblement récalcitrante à faire la moindre action suggérée par quelqu’un d’autre, Lexi ajouta :

« Pour Damon. L’odeur du sang chaud … »

Elena sembla se rappeler que Damon était très loin d’être un maniaque du contrôle et qu’il devait avoir du mal à se maitriser. Elle se pencha et but avec beaucoup de répulsion quelques gouttes de sang de vampire. Aussitôt ses plaies se refermèrent. Lexi lui sourit tendrement. Elle aimait bien cette fille, même si pour le moment, elle semblait totalement traumatisée par les derniers évènements et qu’elle restait quasiment apathique. Damon ne la méritait clairement pas. Il buvait toujours et il arriverait bientôt à la fin du stock de sang en poche. Lexi le surveillait du coin de l’œil, elle n’éloignerait pas Elena. Elle était tout le self-control qui restait au vampire assoiffé et Lexi n’allait pas se priver de cet avantage. Damon la fixa avec toute la haine qu’il pouvait avoir en comprenant qu’elle n’éloignerait pas Elena.

Lee s’était levé, prêt à intervenir en s’apercevant que la dernière poche venait d’être engloutie. Il avait vidé le stock de Stefan et leur propre stock. Ils pouvaient aller en chercher d’autres dans les hôpitaux, mais ils étaient confinés à l’intérieur la journée et le soleil qui allait bientôt se lever allait les bloquer. Damon devrait attendre une journée ou sortir seul … ce qui serait encore plus dangereux. Lexi avait conscience de la gravité de la situation, mais aucune solution viable ne lui venait à l’esprit. En voyant le regard qu’elle lui avait lancé, Damon le comprit parfaitement. Elena l’attrapa et le tira contre elle, le forçant au contact. Il tremblait encore et par moment, son cœur était secoué d’un spasme. Comme si son cœur pompait toujours de la veine de vénus. Ce qui était le cas.

Lexi tira son ami à part. Pour le moment, la situation s’était stabilisée mais ça n’allait pas durer et il fallait qu’un garde fou reste avec Stefan. Le risque qu’il éteigne totalement ses sentiments étaient beaucoup trop grand. Mais pouvait-il décemment laisser Damon seul dans sa situation ?

« On rentre à la maison. »

Damon leva la tête, Elena était debout devant lui et elle lui tendait la main. Elle lui fit un sourire confiant avant de lui dire que ce coup ci, elle avait sa voiture. Ils n’auraient pas à marcher longtemps. Lexi les regarda sans comprendre. Ils vivaient ensemble ? Elle se demanda sérieusement combien d’épisode elle avait loupé avant de soupirer. Qu’ils fassent ce qu’ils voulaient, elle n’était pas la baby-sitter de Damon après tout. Elle, elle devait s’occuper de Stefan. Damon attrapa la main de l’humaine et la tira à lui au lieu de se redresser. Elle tomba dans ses bras avant de lui mettre une tape sur la main et lui demandant sèchement s’il ne croyait pas qu’il lui avait fait suffisamment de frayeur pour la journée. Damon lui sourit amusé, laissant les deux autres vampires encore plus perplexes. Mais ils tireraient tout ça au clair plus tard, ils n’avaient pas beaucoup de temps.

Au moment de s’éclipser, Lexi se souvient que Stefan lui avait parlé de deux cadavres. Damon et le frère d’Elena. Le garçon qui lui avait ouvert la porte. Elle était tellement obnubilée par l’idée de retrouver la fille qu’elle avait laissé courir, mais si le garçon était vivant, un petit effacage de mémoire s’imposer peut-être ?

Elle descendit et laissa son esprit prendre le pouvoir sur celui du garçon.

« Et donc … Tu n’es pas mort. Damon t’a attaqué ?
- Oui. Il m’a forcé à boire son sang.
- Oh. Etrange. Tu étais blessé ?
- Mon bras saignait.
- Oooooook. J’adore. Donc Stefan a essayé de tuer son frère parce qu’il a voulu te sauver la vie. Il sera ravi de l’apprendre. »


Lexi fit une grimace, c’était tout Stefan ça. Il n’avait pas de bol. Il attendait des décennies que Damon commette un faux pas pour l’embrocher, il laissait passer l’occasion des dizaines de fois et finalement quand il passait à l’action, son frère était en plein changement et faisait le « bien ». Elle regarda Jérémy se souvenant soudain qu’il était toujours là.

« Ah oui. Toi. Tu n’as pas peur ?
- Non. Je suis en train de faire un bad trip.
- D’accord. Si tu veux. Ça me va. Tu as fait un bad trip, tu as redécoré ta chambre façon Halloween et à présent tu vas aller dormir. Quand tu te réveilleras tu auras oublié ce qu’il s’est passé. Oh et tu nettoieras ta chambre, ce n’est pas à ta tante de le faire.»


Le garçon lui sourit et lui répondit qu’il était fatigué, il allait dormir un petit peu. Il se sentirait mieux après. Lexi lui sourit en retour, une bonne chose de faites. Avec Lee, ils retournèrent à la Pension. Lexi ne savait pas ce qu’elle devait dire à Stefan. Il était amoureux de cette fille … mais elle en aimait un autre. Profondément. Elle avait montré qu’elle était prête à mourir pour Damon. Et ce concurrent ce n’était pas n’importe qui, c’était le grand frère adoré, détesté, haï. Stefan devrait oublier la fille mais aussi accepter que son frère puisse changer pour quelques choses de meilleurs. Elle ne l’aurait jamais cru si elle ne l’avait pas vu arrêter relâcher sa morsure. Stefan allait souffrir … encore.

Lee aussi était inquiet, mais pour d’autres raisons. Il y avait beaucoup trop de monde dans cette ville, trop d’attaque suspecte et Lexi lui avait parlé de chasseur de vampire. Il n’aimait pas être ici et au plus vite ils partiraient au mieux se serait.

Elena avait fini par se dépêtrer des bras de Damon, elle voyait bien qu’il tentait d’alléger l’atmosphère et de cacher son état avec ses blagues pourries, mais elle lui était déjà tombée dans les bras, dans tous les sens du terme. Depuis longtemps. Elle était amoureuse de lui, elle se l’était avouée mais elle savait aussi à quel point il en aimait une autre …

Son cœur se serra un peu plus quand elle le vit attraper ce Journal avant de la suivre jusqu’à la voiture. Il le rangea rapidement avec de lui demander si ils pouvaient faire un détour par l’hôpital. Elena lui fit un grand sourire, cachant sa souffrance, son angoisse, son épuisement et lui répondit d’une voix douce :

« Oui. On peut faire des détours. »

Autant de détour qu’il voulait. Elle serait patiente. Patiente et courageuse … Damon lui grimaça un sourire, comme s’il n’avait que trop bien compris le sous-entendu. Mais il ne dit rien. Il ne pouvait rien dire.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:41

On approche, on approche ! Bientôt des nouveautés ^^



… Chapitre 30 : Confidences …

Elena était assise sur le banc en fer forgé qui se trouvait devant le Manoir. Elle regardait Lee crapahuter sur le toit avec Damon. Il faisait nuit, elle les voyait mal et pourtant la lune était pleine. Elle ne pouvait s’empêcher de repenser à ces derniers jours terribles, où elle avait cru Damon mort. Elle ne voulait plus le quitter des yeux à présent. Au cas où. Elle ne comprenait pas bien ce que Lexi et Lee faisait encore là, mais ils avaient tenu à voir le Manoir. Ils n’avaient pas demandé à être invité, ils n’avaient pas envie d’entrer, ce qui tombait bien, car Elena ne comptait pas les inviter. Le Manoir, c’était leur maison, à Damon et à elle. Elle n’avait pas envie d’y voir d’autres personnes. Lexi voulait lui parler, alors Lee occupait Damon en l’aidant avec les tuiles du toit.

« Ils ont l’air de bien s’entendre. » murmura la plus âgée.

Elena n’était pas du même avis. Elle voyait de plus en plus ces petits gestes que faisaient Damon lorsqu’il était mal à l’aise. Blague vaseuse sur blague vaseuse, sourire un peu trop prononcé, … C’était tellement léger que parfois, elle croyait rêver. Mais elle était suffisamment attentive pour remarquer chaque détail.

Ces derniers jours avaient été si éprouvant … Son frère avait oublié qu’il s’était ouvert le bras, mais pas la souffrance qui l’avait conduit à de telles extrémités. Le peu de temps qu’Elena passait avec lui, elle se faisait l’impression d’être un geôlier, toujours à l’observer, à le couver, à craindre de le laisser seul. Jenna et Jérémy ne comprenait pas son comportement, mais qu’importe … Elle ne savait pas pourquoi son frère avait fait ça et elle ne pouvait pas être sûre qu’il ne recommence pas.

Jérémy n’avait pas été sa seule préoccupation. Stefan avait essayé de tuer Damon. Et il savait où ils habitaient … Et s’il revenait à la charge ? Lexi lui avait assuré qu’il ne le ferait pas, mais elle refusait d’y croire. Damon était tellement faible depuis sa dernière agression. Il peinait à bouger. Il buvait à outrance, sans que ça ne semble changer quoi que ce soit. C’était très perturbant pour Elena, car il ne guérissait absolument pas de la même façon que la dernière fois. C’était bien plus long et tellement stable. Comme si le corps de Damon, complètement saturé de Veine de Vénus, s’y habituait. Lexi continuait d’essayer d’engager une conversation pour laquelle la jeune humaine restait hermétique. Elle n’avait pas envie de lui parler. Elle était amie avec Stefan. Elle avait besoin de temps, besoin de réfléchir, besoin de prendre des décisions. C’était dur de se languir d’amour pour quelqu’un qui en aime une autre. Elle était prête à attendre et même prête à l’aider.

« Écoutes, j’aimerai te parler de Stefan et de Damon.
- D’accord.
- Stefan est profondément et irrémédiablement amoureux de toi. Et je sais que Damon est Damon, mais …
- Non.
- Euh, mais tu ne me laisses pas finir ?
- Ca ne sert à rien. Tu vas me dire que Damon est un imbécile égoïste au sourire ravageur et qu’il me jettera dès qu’il l’aura retrouvé car il n’aime qu’une seule personne. Katherine. Tu vas m’expliquer que Stefan est doux, gentil, attentionné, tendre, qu’il me protégera toujours et qu’il ne m’abandonnera pas pour une fille à qui je ressemble comme deux gouttes d’eau. Et tu as raison. Damon est un gros con. »


Elle vit Damon ciller sur le toit du Manoir, peut-être à cause de sa faiblesse actuelle, à moins qu’il ne soit en train de les écouter. Il en était tout à fait capable.

« Tu me diras que Damon me fera du mal. Qu’il fera du mal à mes proches, qu’il essaiera de tuer mes amis et que je me morfondrais dans mon journal intime, qu’il violera allègrement, et tu auras encore raison. Je ne l’ai pas oublié ses crimes. Puis tu m’expliqueras que Stefan respecteras mon intimité, sera un parfait gentleman, qu’il m’invitera à danser au bal et ne critiquera pas ma tenue même si je choisis de ressembler à une fraise tagada. Et bien entendu, qu’il ne mangera pas mes amis, tu auras sans doute encore et toujours raison.
- Euh … Ouais, je l’aurais pas dit comme ça, mais l’idée y est. Et donc ?
- J’ai demandé à Stefan de ne pas tuer Damon. J’ai vu le résultat. C’est un menteur bourré de qualité, mais c’est un menteur. Damon n’a que des défauts, dont celui d’écouter aux portes visiblement.»


Damon lui fit son plus grand sourire forcé avant de lui faire coucou de la main, il buvait en effet ses paroles, mais tenté de le camoufler maladroitement. Lee riait de lui, faisant sourire Lexi.

«Mais quand j’ai demandé la vérité à Damon, j’ai eu la vérité. J’ai conscience que c’est aussi un menteur et un manipulateur … dans un autre genre. Il a été capable de me dire la vérité. Mais surtout, ce n’est pas un choix entre Damon et Stefan. Entre Stefan et Damon. Je n’ai pas fait un tableau comparatif, il est évident que Stefan est plus proche de l’homme parfait que Damon ne le sera jamais. Je suis amoureuse. Je ne fais pas exprès. Quand il est mort … Quand j’ai cru qu’il était mort… J’ai compris à quel point je pouvais l’aimer. Il ne veut pas l’entendre. Il ne veut pas le savoir. Parce que ce n’est qu’un sale égoïste tout aussi amoureux que moi. Simplement d’une autre. Je l’aiderai à trouver son bonheur, même si c’est dans les bras de Katherine. »

Damon s’était retourné, montrant un peu plus qu’il ne voulait pas l’entendre. Il se concentrait sur ses tuiles. Ce n’était pas grave. Elle ne voulait pas qu’il écoute, sinon, elle le lui aurait dit en face, sans lui laisser la possibilité de se défiler. Elle soupira et ajouta :

« Ensuite, je me battrai pour lui.
- Oh … Et bien, tu sais, Stefan a quelques défauts lui aussi. L’un des plus importants risque de nous poser bientôt quelques soucis. Assez pour que je veuille le ménager. »


Damon avait sauté du toit et il s’était déplacé plus rapidement qu’un courant d’air pour s’asseoir contre Elena, sur le petit banc. L’humaine sursauta et lui jeta un regard noir. Damon lui sourit en retour et demanda à Lexi ce que son cher petit frère allait encore bien pouvoir faire.

« Il est a deux doigts d’éteindre son humanité.
- Je suis ravi de voir que ma presque mort ait pu l’ébranler. »


Lexi lui rit au nez avant de lui dire que sa mort l’aurait remplis de joie. Ce n’était pas vrai mais voir la grimace de Damon la rendait heureuse. Elle ne l’aimait pas. Ou plutôt, elle avait trop chèrement payé le béguin passager qu’elle avait eu pour ce vampire. Ce qui minait Stefan, c’était les sentiments d’Elena. Nouvelle grimace, nouveau sourire de sa part. Mais sa plus belle grimace, ce fut quand Elena demanda si elle pouvait faire quelques choses. Lexi s’engouffra immédiatement en lui disant que simplement pardonner Stefan et allez lui expliquer qu’elle ne le haïssait pas serait un très grand pas en avant. Pour le moment, il se sentait monstrueux et risquait à tout moment de le devenir réellement. Lexi parlait vite et ignorait Damon qui disait « non » à chacune de ses phrases. A la fin de sa tirade, Lexi sourit victorieusement, s’attirant un regard encore un peu plus noir du vampire.

« Ecoute. Dis-lui que je vais le pardonner, sans doute, un jour, mais j’ai besoin de temps. Je … Il faut que je rentre. Je dois aller voir mon frère. »

Le sourire victorieux de Lexi s’effaça peu à peu en comprenant qu’Elena ne l’aiderait pas. Pas de cette façon-là en tout cas. Lee serra l’épaule de sa femme, en soutient, en comprenant qu’ils n’y échapperaient pas. Stefan allait redevenir un boucher, il allait abandonner toute forme de contrôle et eux, ils feraient tout pour qu’il affronte de nouveau ses sentiments. Pour ramener le « vrai » Stefan. Le mec bien bourré de qualité qu’avait décrit Elena.

Elena déposa un bisou sur la joue de Damon et lui murmura : « A demain. » avant de s’éloigner. Elle rentrait à la maison familiale. Damon les abandonna sans autre forme de procès, devant la porte d’entrée. Lexi soupira. Elle ne tirerait rien d’eux. Pourtant, dans le Manoir, le vampire était bien loin d’être serein. Il tenait à Elena, plus qu’il ne pouvait l’admettre. Il se pourrait même que … mais Katherine. Des décennies d’attente et d’amour ne se balayent pas d’un coup de main. Et il tenait aussi à Stefan, en faites, s’il était honnête, il comprenait pourquoi il avait essayé de le tuer. Ça n’avait rien de surprenant, il l’avait bien cherché. Mais ça ne l’arrangeait vraiment pas que Stefan pète les plombs maintenant : mauvais timing. Il y avait beaucoup trop de vampires en ville et le Conseil allait bouger tôt ou tard. Il avait bien prévu de les infiltrer mais il s’était vu légèrement overbooké ses derniers temps … Et à présent, avec les attaques incessantes, ils étaient plus méfiants que jamais. Si Stefan décidait de faire un bain de sang, il aurait intérêt de partir loin ou de choisir ses victimes avec plus de soin qu’il ne l’avait jamais fait. Sinon, il se prendrait un pieu dans le cœur. Oui, très mauvais timing, mais ça ne le regardait pas après tout. Stefan pouvait bien faire ce qu’il voulait … C’était un grand garçon maintenant. Damon s’installa confortablement, dans l’un des fauteuils qu’il avait porté jusque là et ouvrit le Journal. Il devait trouver une sorcière et le grimoire. La petite Bonnie aurait pu faire l’affaire mais… Et bien, Elena voulait qu’elle survive et qu’elle reste entière. Heureusement, il avait une autre piste, mais avant, le grimoire. Sans grimoire, la sorcière ne lui servirait à rien.
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Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:42



… Chapitre 31 : Avenir …

Elena observait son frère. Ils étaient dans un bâtiment, pleins d’idées d’avenir, pleins de promesses et ils semblaient tous les deux se demander ce qu’ils pouvaient bien faire là. Un avenir ? Quand elle était petite, Elena avait découvert l’écriture comme on découvre un monde merveilleux, un monde magique, avec des étoiles dans les yeux et le sourire aux lèvres. Les étoiles avaient gagné les yeux de sa mère lorsqu’elle lui avait confié cette envie : devenir écrivain. Sa mère lui avait offert son premier journal, la poussant à écrire tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Bien souvent, ce n’était que ses journées, mais parfois, elle divaguait sur la vie, sur ses amis, sur les phénomènes de sociétés. Plus rarement, elle écrivait des ébauches de romans, quelques phrases clefs pour ne pas perdre le sentiment de l’instant. Et un jour, un accident, des vies qui se brisent et les jours qui continuent à défiler. Comment pourrait-elle encore écrire aujourd’hui ? Le monde ne tournait plus rond. Ses parents étaient morts. L’homme qu’elle aimait avait 171 ans. Soit presque 10 fois son âge… Que raconter de plus lorsqu’on a cette vie ? Elle n’avait rien envie de raconter d’autres et elle devait garder le secret. Alors elle se taisait et elle cachait son journal.

Jérémy n’en pensait pas moins … Que faire de sa vie ? Il avait toujours aimé la culture et le dessin mais ça ne nourrit pas une famille : le dessin. Ca n’avait jamais semblé être un problème lorsque ses parents étaient en vie, après tout, de l’argent, ils en avaient. Mais maintenant, tout paraissait plus dur, plus flou, moins évident. Il n’avait plus envie de dessiner, il n’avait plus envie de rien. Il se sentait comme robotiser. Travailler à l’usine aurait encore été le plus logique. Il s’arrêta devant les cahiers de dessin exposé. Il y avait peut-être l’un de ces vieux travaux, mais il n’eut pas envie de tourner les pages pour vérifier. Il observa seulement le premier du classeur et tiqua sur le nom « Tyler Lockwood ». Tyler était sorti avec Vicky. Le chagrin lui noua la gorge. Il pensait toujours à elle. Il ne faisait que ça … penser à elle. Il commença à se gratter machinalement le bras et sursauta lorsqu’Elena attrapa sa main. Il ne l’avait pas vu s’approcher. En ce moment elle le couvait comme une mère. Avec Jenna en plus sur son dos, ça faisait trop.

« Jérémy, ton bras. »

Il baissa le regard et s’aperçu qu’il s’était égratigné à sang, sans même s’en rendre compte. Il en fut absolument choqué et murmura, sans la moindre conviction, qu’il devait faire de eczéma. Le regard que lui lança sa sœur finit de le mettre mal à l’aise.

Jenna errer dans la salle, aussi perdue que les élèves. Elle avait choisi une vie, lorsqu’elle avait leur âge. Choisi des études. Elle s’y était tenu, avait travaillé dur et au final, un pont, un accident, des êtres chers décédés et elle se retrouvait « mère de famille », comme si elle aurait pu arriver à la cheville de sa sœur pour cette tâche. Elle n’avait rien d’une mère, elle était tout juste une tante et tellement plus proche d’une « bonne copine ». Elle n’avait jamais voulu être autre chose pour eux, qu’une confidente, une amie, et elle s’était retrouvée propulsé dans un rôle qui ne lui convenait pas. Ses études battaient de l’aile et elle peinait à garder le cap. C’était trop et pourtant … Elle n’avait pas le choix. Oh, les finances étaient toujours au beau fixe, une chance mais elles ne seraient pas illimités et l’éducation d’Elena et de Jérémy allait coûtait cher. Tous les frais n’étaient pas encore couvert. Elle ne voulait pas s’appuyer sur ce capital et le dilapidé. Leurs parents auraient voulu qu’ils aient un bon départ dans la vie, sans difficulté financière et pour ça, elle allait devoir rendre sa thèse, avoir l’approbation du jury et commençait à travailler. Travailler ne lui faisait pas peur, elle se sentait juste … perpétuellement débordée. Elle s’approcha de Jérémy en voyant qu’Elena le regardait avec de grands yeux inquiets. Depuis quelques temps, elle le couvait et le jeune homme avait l’air d’étouffer un peu. En arrivant, elle resta choquée devant les griffures assez profondes, sans être dramatique, qui s’étalait sur son bras. Jérémy se tourna vers elle et marmonna que ce n’était rien, son bras c’était juste mit à le gratter d’un seul coup. Elle soupira silencieusement, cherchant à ne pas lui mettre plus de pression qu’il ne pouvait déjà s’en mettre …

« Ok. Ce n’est rien. »

Elle lui fit un sourire réconfortant. Elle ne le jugerait pas mais cette histoire l’inquiétait. Elle leur demanda s’ils avaient fini prétextant que c’était d’un ennui mortel pour elle. C’était faux mais qu’importe. Les deux jeunes gens hochèrent de la tête et ils partirent. Jenna repéra son ex du coin de l’œil, elle l’avait évité toute la soirée. Elle partit dans la direction opposée avec les deux plus jeunes, se faisant plus petite qu’une souris.

Derrière eux, le Shérif Forbes marmonnait à toute vitesse dans son téléphone portable :
« C’est un code V5. »

Elle tremblait encore. Comment faire face à ces créatures ? Logan avait été des leurs, il avait dit être sur une piste et il était partie en reconnaissance. Elle l’avait retrouvé mort peu après … Qu’aurait-elle dû faire ? Il savait dans quoi il s’engageait, alors elle l’avait pleuré comme l’un de siens et l’avait enterré en secret. Respectant sa dépouille comme celle d’un ami, mais ne pouvait faire mieux. Lorsqu’elle l’avait vu se balader ici, au milieu de leurs enfants, son cœur avait cessé de battre une seconde. Que pouvait-elle faire ? Elle était perdue et ne pensait qu’à une seule chose : elle devait l’arrêter. Peu importe ce qu’il comptait faire, à présent, ce n’était plus qu’un vampire. Un monstre. Un ennemi, fort et impitoyable.

Elle quitta la soirée précipitamment, elle avait mille chose à organiser pour avoir une petite chance de coincer Logan. Elle sauta en voiture, le cœur battant à mille à l’heure. Il n’avait visiblement pas prévu de la tuer, sinon il aurait pu le faire rapidement, sans être vu, même en plein milieu d’une foule. Non, il semblait vouloir « l’épargner », au moins physiquement, mais ça n’empêchait pas la peur de s’incruster dans son cœur.

Son téléphone sonna. Sur l’écran, il y avait écrit « Caroline ». Elle répondit, s’inquiétant que sa fille l’appelle, elle avait cru qu’elle était à l’abri, à la maison.

« Caroline, où es-tu ?
- Votre fille m’a dit qu’elle s’intéressait au journalisme. C’est important d’encourager les jeunes, vous ne trouvez pas. »


Liz sentit une chape de glace s’abattre un peu plus sur son corps à chaque mot que Logan prononçait. Il avait le téléphone de Caroline. Elle murmura d’une voix absente, trop terrorisée pour parvenir à se reprendre :

« Mais qu’est-ce que vous voulez ?
- Avoir la satisfaction de faire de votre chère fille, un vampire. »


Logan raccrocha et Liz resta immobile dans sa voiture. Elle freina et se gara sur le bas-côté. Incapable d’aller plus loin. Il pouvait être n’importe où. Il n’aurait besoin que de quelques secondes pour faire de sa fille un vampire. Quelques minuscules secondes avant de la tuer et elle se réveillerait avec un démon à la place de son âme. La dernière fois qu’elles s’étaient parlé, c’était pour se disputer. Elle avait été surprise que sa fille qui ne lisait même pas les journaux lui parle de faire du journalisme télévisé. Caroline l’avait mal prit, mais depuis longtemps, Caroline prenait tout mal. Elles ne se comprenaient plus. Le shérif avait toujours cru qu’elle aurait du temps. Du temps pour réparer cette relation. Du temps pour voir Caroline devenir une femme. Du temps … qu’elle avait perdu et qu’elle ne retrouverait plus. Elle devait bouger. Elle devait retrouver Caroline. Elle devait … Elle éclata en sanglot, une seconde, avant de relever la tête. Elle tuerait Logan. Même si c’était la dernière chose qu’elle ferait. Même s’ils devaient s’entretuer. Elle l’abattrait comme un chien et le poignarderai en plein cœur jusqu’à ce qu’il cesse de bouger. Elle passa la première et appuya sur l’accélérateur.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:43

Je tiens à préciser que si j'étais vraiment une auteur cruelle et insensible, je vous publierai ce chapitre et pas la suite, juste pour le plaisir de votre rage Very Happy :devil: 

… Chapitre 32 : Vampire …

Elena entra dans le Manoir d’un pas rapide et décidé qui mit la puce à l’oreille de Damon. Il retient tout juste le « oh oh » annonciateur de mauvaise nouvelle qui avait envie de franchir ses lèvres et lève un sourcil interrogateur. Elle était magnifique quand elle était en colère.

« Est-ce que c’est toi ? »

La question est trop floue, trop vague et le laisse totalement désarçonné. Qu’aurait-il encore fait ? Il avait passé son temps plongé dans le Journal, à décrypter les écritures d’un fou. Elena observe sa réaction et comprends qu’il ne sait pas de quoi elle parle. Sans attendre, elle enroule ses bras autour de son cou et le serre contre elle. Elle a eu tellement peur ! Elle avait toujours peur, mais plus cette peur d’être amoureuse de l’éternel coupable, du mauvais garçon, du mauvais vampire, … au moins une fois, ça n’aurait pas été de sa faute.

« C’est Caroline. Comme tu … J’ai eu peur que … Elle a disparu !
- Je n’ai pas mangé Caroline. Ou en tout cas pas récemment. »


Elena leva les yeux au ciel. Il osait vraiment lui faire ce genre d’allusion… Mais c’est aussi ça qu’elle aimait chez lui. Quelques part. Parfois. Katherine aussi pensait à ce qu’elle avait aimé chez Damon. Elle pataugeait dans le sang. Flop, flop, flop. Elle ne s’était pas roulée dedans et pourtant elle en était déjà couverte. Il avait giclé, dégouliné dans ses cheveux, sur sa peau, séché, remouillé et séché de nouveau. Les écailles de sang bruni se fripaient sous le sang frais. Elle n’était pas comme ça d’habitude. Pas comme ça ! Elle était une grande dame, capable de sourire à ses victimes et elle mangeait avec une délicatesse terrible. Ne pas gaspiller. Sourire. Les bonnes manières. Tout ça, tout ça. Elle ne voulait pas en entendre parler ! Elle dégagea le cou de sa victime et mordit dedans. Arrachant la chair, les tendons et le sang gicla encore. Elle relâcha le corps après une seule gorgée, déjà au bord de la nausée. Elle avait bu. Trop bu. Du sang frais, du sang moins frais, du sang plus que passé. Qu’importe ! Elle sentait cette rage froide, chaude, glaciale, brûlante, terrifiante s’écoulait en elle ! Elle l’avait toujours dit ! Ce n’était qu’elle ! Elle ! Pas les autres ! Les autres, elle s’en foutait, elle ne voulait pas en entendre parler. Les autres abandonnent, les autres … inutiles. Ils n’étaient rien du tout. Rien d’important. Pourquoi s’en occuper alors !? Elle les avait laissés crevé, les uns après les autres, sans inquiétude. Ce n’était pas grave. Vraiment pas grave. Tout allait bien. Il fallait qu’elle mange ! Encore. Nouvelle victime, cou délicat. Féminin ou masculin ? Qu’importe. Elle planta ses crocs et savoura le cri qui fit vibrer le corps. Le dernier cri. Violent. Déchirant. Angoissé. Peu importe. Elle les tuerait tous. Elle les tuerait tous. Elle serait la plus puissante et elle leur arracherait le cœur de la poitrine. Dans tous les sens. Il l’avait mise en colère. On ne la met pas en colère ! Sa langue glissa le long de ses lèvres et elle sourit. Ses bras étaient couverts de sang. Ses ongles tout particulièrement. Qu’importe. Qu’importe. Qu’importe. Elle bondit gracieusement vers sa victime suivante. Elle les avait hypnotisé les uns après les autres. Dans un bus. Pas un bus scolaire, elle n’aimait pas les enfants et cette odeur d’urine qui accompagne trop souvent leurs peurs. Il y en avait quelques-uns néanmoins. Elle les avait tués en premier. Débarrassé. Oublié. Détruit. Elle n’avait rien d’une mère après tout. Ce n’est pas si… Elle mordit plus férocement. Un cri derrière elle, la fit revenir à elle. Qu’était-elle en train de faire au juste ? Faisait-elle tout ça pour Damon ? Juste Damon ? Il n’était qu’une entité négligeable et négligée. Elle avait aimé jouer avec lui mais ce n’était pas comme s’il y avait eu autre chose n’est-ce pas ? Elle se sentit trahi. Trahie par elle-même ! Elle ne pouvait pas. Elle se retourna et ses chaussures déplacèrent chairs et sang. Elle portait une robe claire, rendant la scène d’autant plus dérangeante. Elle sauta sur l’intrus et fixa ses yeux dans les siens.

« Dis-moi. Suis-je belle ? Au miroir. Suis-je belle ?
- Vous êtes horrible. »


Elle éclata d’un rire joyeux et brisa sa nuque dans un geste de pitié absolument malvenue. Horrible ? Oui. Depuis que ses cuisses c’était écarté pour donner la vie. Depuis qu’elle avait souffert, expulsé, recrachait ce corps greffait dans son ventre. Depuis … Oh non. Ce n’était qu’un mensonge de plus. Elle avait aimé l’enfant. Assez pour tenter de se relever, de la rattraper, de la voler, de la garder. C’était sa fille ! C’était. SA. Fille ! Elle était devenu un monstre, une horreur, peu de temps après, lorsqu’elle avait compris qu’il n’y avait qu’elle. Elle ne pouvait protéger personne d’autre qu’elle. Elle avait oublié l’enfant, elle avait souri à ces humains inutiles et faibles et elle les avait aimé de ne pas voir le monstre qu’elle était devenu. Ce semblant de femme qui avait renoncé à la mère qu’elle était. Elle frappa un corps, pour le plaisir de le voir se déchirer un peu plus. Voilà ce qu’on lui avait pris. Son humanité, en volant sa fille. Son semblant d’humanité, en volant Damon. Il ne restait plus que Stefan. Stefan. Celui qui lui avait permis d’aimer un autre qu’elle-même de nouveau, pour la première fois. Stefan et l’espoir d’une autre vie qu’il représentait. Mais en prenant Damon, Stefan était tout aussi mort. Ses espions le disaient vivre reclus, au bord de l’extinction ou du suicide. Oh… Un Stefan alcoolique, froid et sanglant qu’elle ne connaissait pas. Pas encore. Saurait-il l’aimer comme il savait le faire avec ses yeux humains ? Elle se laissa tomber au sol, la colère était passée. Évacuée. Et pourtant pas oubliée. Elle ne pouvait que protéger Stefan. Mais comment ? Elle devait trouver un plan, pour ne pas le perdre. Elle devait … Elle ferma les yeux sur le carnage qui l’entourait. Trop de sang, trop de chair, trop de carnage. Qu’importe.

Elle devait trouver un plan. C’est ce que disait Elena aussi. Trouver un plan pour retrouver Caroline ! Sa mère tentait visiblement d’étouffer l’affaire, comme si ce n’était pas important, mais ça l’était ! Caroline était son amie. Elle avait accepté … Elle avait accepté de laisser Damon a sa torture bien trop longtemps uniquement pour venger son amie. Aujourd’hui elle devait la retrouver et ça tombait bien, elle avait un vampire dangereux dans son camps. Elle devait juste le convaincre et …

Logan s’était réfugié dans sa cachette habituelle, pour se protéger de la lumière du soleil. Il regardait la fille : Caroline. Il la connaissait bien, il la gardait quand elle était petite. Une petite princesse qui devenait une belle femme. Elle s’épanouissait, péniblement, difficilement, mais elle le faisait et elle devenait magnifique. Peut-être que lorsqu’il l’aurait transformé, elle pourrait le voir comme un compagnon ? Oh, pas immédiatement bien-sûr. Après tout, il y avait la différence d’âge et le fait qu’il l’aurait transformé de force … Mais d’ici quelques décennies, lorsque assez d’années seraient passés pour que la différence d’âge soit négligeable. Mais avant, il devait la transformer et il n’avait qu’un très léger souci. Il n’avait aucune idée de la marche à suivre. Enfin, il était mort, il avait été enterré et il était devenu vampire. Était-ce parce que c’était entre les mains d’un vampire qu’il était mort ? Ou y’avait-il une « procédure » particulière à suivre ? Personne n’avait pensé à lui procurer le mode d’emploi. Il avait indiqué à Liz qu’il allait transformer sa fille, ne serait-ce que pour l’angoisse qu’il avait dû provoquer, c’était un coup de maître ! Mais maintenant, il devait y arriver.

Il se tourna vers l’empilement de corps de ses victimes. Toutes des femmes. De belles femmes et d’autres, un peu moins belle, mais avec un sang … toujours délicieux ! Aucune ne s’était réveillée… Donc tuer ne suffisait pas. Caroline commença à remuer, elle allait bientôt revenir à elle. Ça allait au moins devenir amusant.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:44

Mais comme je suis quelqu'un d'adorable (j'ai décidé que je m'aimais ce soir), voici la suite :love: 



… Chapitre 33 : Recherche …

Que faisait-il là ? Il se posait très sérieusement la question, il avait une bonne piste pour retrouver le grimoire d’Emilie et au lieu de la suivre, il était là, à la recherche d’une blonde superficielle. Tout ça parce qu’Elena lui avait dit que Caroline n’était pas venue en cours, qu’elle ne répondait pas à son téléphone alors elle était allée chez les Forbes et personne n’avait répondu. Quand elle avait appel é sa mère, celle-ci lui avait dit que Caroline était malade et qu’elle était restée à la maison. Elena n’avait rien dit mais elle savait que c’était faux. Elle ne comprenait pas que le Shérif étouffe l’affaire de la disparition de sa fille. Alors, elle était allée le retrouver pour l’accuser, lui. Damon avait compris que pour que le Shérif étouffe l’affaire, c’est qu’il y avait de bonnes chances que ce soit l’œuvre d’un vampire. Soit parce qu’il avait hypnotisé la mère pour qu’elle se taise, soit parce que le Shérif faisait partie du conseil anti-vampire de la ville. Bref, depuis il marchait comme un idiot dans les recoins de Mystic Falls, privilégiant tous les endroits sombres, isolés et ouvert aux vampires, ce qui n’était pas si courant que ça.

Liz avait suivi un raisonnement similaire. Le jour s’était levé et si Logan ne voulait pas bruler, il devait trouver une cachette. Elle allait le trouver et lui planter une armée de pieux dans la poitrine, jusqu’à ce qu’il en meurt. Elle ne voulait pas penser à Caroline, à ce qui allait lui arriver, elle ne devait penser qu’à une seule chose : sa colère. Sinon, elle s’effondrerait et elle ne pourrait pas la sauver.

Damon entra dans le énième entrepôt lorsqu’un homme surgit devant lui. Si Damon avait été amateur de télévision, il l’aurait sans doute reconnu. Mais ce n’était pas le cas, alors il attendit de voir comment il allait réagir. A priori, ce n’était pas un gardien, car il ne portait pas d’uniforme et il ne l’avait pas entendu arriver. Il y avait de grande chance qu’il s’agisse d’un vampire.

« Oh, livraison à domicile. J’adore. »

Damon haussa un sourcil sarcastique, ce type le prenait pour un casse dalle, il n’allait pas être déçu. Damon s’envola sur le côté, laissant l’autre s’écraser sur le mur le plus proche. Peu importe, il devait retrouver Caroline et la faire sortir de là. Vite. Dès qu’elle serait au soleil, il n’y aurait plus de danger pour elle.

Une douleur écrasante lui vrilla l’épaule et il entendit, quelques millièmes de secondes plus tard la détonation. Il venait de se faire tirer dessus. Trois détonations de plus résonnèrent dans l’entrepôt. Un gémissement roque sortit de ses lèvres alors qu’il comprenait la douleur. C’était des balles en bois. Ce n’était pas juste un vampire, c’était un ancien chasseur de vampire. Qui l’avait transformé ? Qui avait fait cette idiotie ? Il tomba à genoux. Il lui avait tiré dans le dos, retirer les balles allaient poser quelques soucis.

« C’est vraiment mieux. Je cherchais justement un vampire. J’ai des tonnes de ces petites choses en bois, alors n’essaie pas de faire le malin. »

Entre deux plaintes, Damon répondit, arrogant et voulant paraître sûr de lui.

« Tu vas le regretter, crois-moi.
- Voyons, on m’a tué. Pourquoi me suis-je réveillé ?
- Qui t’a transformé ?
- Comment j’l’saurai ? La dernière chose dont je me souviens, c’est qu’on m’a attaqué. C’est tout. Ensuite, je me suis réveillé six pieds sous terre, derrière un magasin de voiture d’occasion au bord de la nationale quatre. En clair, un plaisantin c’est amusé à m’enterrer.
- C’est des choses qui arrivent.
- Comment ai-je été transformé ?
- Pour muter, il faut qu’il y ait du sang de vampire dans tes veines avant que tu ne meurs. Qui t’as transformé ?
- Oh ! Mais c’est tout simple ! Moi qui avait peur de devoir faire une cérémonie quelconque. Parfait. »


Damon le regarda comme on regarde un fou. Il comptait transformer d’autres vampires ? Il toucha l’un des points d’entrés d’une balle dans son flanc et enfonça ses doigts dedans en serrant les dents. Il attrapa laborieusement l’épine et la tira. Il la fit danser dans ses doigts un instant, en l’observant, et la posa par terre.

Après la détention, la famine, la veine de Vénus, la poutre enflammée, le pieu marinée façon Stefan … pourquoi pas des balles en bois ? Parfois, Damon se trouvait un peu malchanceux. Il tâtonne son dos à la recherche du centre de la douleur. Il la trouve et enfonce ses ongles dans sa chair. Il cache une grimace par un sourire. Il faut qu’il gagne du temps, bouger avec ces trucs dans le corps serait horriblement douloureux. Pas impossible, mais il serait sans doute inefficace, il valait mieux prendre le temps de les retirer et pour ça … Il devait jouer finement.

« Alors … Autre question. Comment peut-on sortir au soleil ?
- Qui t’as transformé ?
- Ce n’est pas comme si un comité d’accueil m’avait attendu avec un gâteau de bienvenu. J’ai dû me débrouiller seul. C’est dingue quand on y pense. Un jour je suis un jeune journaliste à la carrière prometteuse et le lendemain, je ne peux plus rentrer chez moi parce que mes pieds ne veulent pas franchir le seuil de ma maison. »


Répondre, gagner du temps, un peu plus de temps. Il voulait se plaindre de ses petits malheurs de vampirot de pacotilles, parfait. Il voulait bavarder. Aucun problème. Tant qu’il pouvait retirer ces balles.

« Tu dois être invité.
- Ca j’avais compris. Je vis seul.
- Ah mon pauvre ! Ça craint.
- Du coup, j’ai pris une chambre d’hôtel. Je regarde la télé toute la journée. J’attaque tout ce qui est à ma portée, les femmes de ménages y compris.
- Ça pourrait être franchement pire. »


Damon retira deux balles supplémentaires, en grimaçant des sourires. Il allait arracher le cœur de ce vampire ! Mais avant, il voulait savoir qui l’avait transformé, puis il pourrait le tuer et tuer son créateur. Et au passage, il devait aussi savoir où se trouvait Caroline, mais ça, il allait le garder secret. Hors de question de risquer de la faire tuer à cause d’un simple bavardage. Elena avait déjà perdu trop de proches, subi trop de chagrin, s’il rentrait pour lui dire qu’il l’avait faite tuer par inadvertance …

« Je suis obsédé par le sang et par mes prochains meurtres. Je ne peux pas m’empêcher de tuer, j’enchaine les meurtres les uns après les autres.»

Logan laissa échapper un rire, à la fois horrifié par ses propres mots et à quel point ils étaient justes. Il n’arrêtait plus de tuer et … il aimait ça. Il le dit, rien que pour savoir l’effet que ça laisserait dans sa bouche.

« Et j’adore ça. »

C’était abominable et le fait qu’il ne parvienne pas à se sentir coupable était encore pire … Mais c’était dans sa nouvelle nature non ? Un vampire ça tue des humains, voilà tout. C’est la loi de la nature … Et il y avait tellement d’humain, c’est le rôle des prédateurs de réguler la population … non ? Mais il avait combattu les vampires, il les avait appelé « abomination ». Il murmura :

« Je sais plus trop où j’en suis …
- Bienvenu au club. »


Logan se laissa tomber sur ses fesses. Il jouait distraitement avec son arme. Milles questions lui traversaient l’esprit, et à présent, il avait un vampire sous la main pour lui répondre.

« Pourquoi je suis hyper-émotif maintenant ? J’arrête pas de penser à mon ex, c’est plus fort que moi. J’ai envie d’être avec elle. J’ai envie de la mordre. »

A l’idée du sang de Jenna coulant dans sa gorge, un frisson le parcouru. Il sentit presque les veines se gonfler sous son visage, le rendant inconfortable.

« Je crois simplement que t’es amoureux. Tous tes sentiments d’avant vont être élevés à la puissance dix. Tu vas devoir apprendre à les contrôler. »

Le contrôle … Tout impulsif et imprévisible soit-il, Damon avait dû lui aussi en passer par là. Tout était si … chaotique. Les sentiments les plus faibles se révélés au grand jour et il pouvait aimer, haïr, aduler, craindre et souhaiter la souffrance de la même personne, au même instant, en une fraction de seconde, tous ces sentiments pouvaient se déchaîner en lui. Ça ne le rendait que plus incontrôlable, plus instables, mais pour éviter les remords, il devait parfois se maîtriser. Un peu.

« Et pour ce qui est de la lumière du jour ? Moi, je suis plutôt du matin. Bon aller dis-moi, je veux savoir ! Comment on fait pour sortir en plein jour ? »

Logan recentrer le débat. Damon avait intérêt à en faire de même. Le vampire semblait ignorer les propriétés de sa bague et il ne comptait pas les lui révéler.

« Qui t’a transformé ?
-Comment on fait pour sortir en plein jour ? »


Un combat de coq ? A celui qui serait le plus arrogant ? Ça lui allait bien, même si ce n’était pas lui qui était armé. C’était un jeu qui lui plaisait, même face à un jeune vampire encore plus impulsif que lui. Il lui sourit, releva le menton et répéta, provoquant :

« Qui t’a transformé ?
- Tu sais quoi, je me suis montré gentil jusque-là mais si tu continues sur cette voie, je te tue !
- Alors, t’auras jamais ta réponse. J’tai posé une question. »


Damon se redressa, péniblement. Il n’avait pas tout retiré mais il pouvait déjà bouger un peu mieux. Le ton commençait à se durcir, il devrait sans doute se battre bientôt. Il commença à s’y préparer mentalement en laissant la colère courir le long de ses muscles tendus.

« Réponds d’abord.
- Bon, je crois qu’on ne trouvera pas de terrain d’entente ce soir.
- Et moi, j’ai prévu de tuer des gens. D’ailleurs je crois que je vais prendre un petit peu d’avance. »


Logan leva le canon de son arme et tira de nouveau. Les balles atteignirent les genoux et le torse de Damon, lui arrachant un cri. Mais la rage prit le dessus, il attrapa la dernière balle extraite et la jeta de toutes ses forces sur le vampire. Autour d’eux, l’air résonnait toujours du bruit assourdissant de l’arme à feu.

Logan poussa un cri et recula d’un pas en se tenant le visage, la balle avait atteint son œil. Déjà un autre projectile l’atteignait. Le temps qu’il rouvre les yeux, le vampire blessé avait disparu. L’instant d’après, Damon était sur lui. Il l’avait jeté au sol en le désarmant et commençait déjà à le frapper. Il n’était pas très fort ou pas autant qu’il aurait pu l’être sans les balles dans son corps et les récents sévices qu’il avait subi, mais l’effet de surprise allié à cet éclat de rage inattendu étaient en sa faveur. S’il avait eu la maîtrise de ses émotions, il n’aurait pas plongé sa main dans la poitrine du vampire et n’en aurait pas arraché le cœur. Il n’aurait pas fait jaillir le sang. Il ne l’aurait pas laissé se mélanger à son propre sang qui s’écoulait de ses blessures. Seulement … il n’avait qu’à pas l’énerver. Il trouverait Caroline et son créateur d’une autre façon.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 0:46

Et le dernier chapitre en date ! Maintenant, je pourrais tenir ce forum à jour, comme les autres Smile Il n'y a plus qu'à me mettre à niveau sur ff.net mais là, je manque de courage pour ce soir ... Une autre fois ^^




… Chapitre 34 : Princesse …

Ses yeux papillonnèrent une seconde, elle se tourna sur le flanc. Elle se sentait courbaturé, tous ces muscles hurlaient à la torture. Elle tâtonna la surface sous elle, c’était du béton. Que faisait-elle allongée sur du béton ? Elle fouilla ses souvenirs en frottant son visage et soudain, elle se souvient. Logan l’avait agressé. Elle se redressa doucement et c’est là qu’elle la vit. C’était une cuisse de femme, dans un angle étrange, elle suivit du regard les courbes fines jusqu’aux hanches, puis remonta le long du ventre de la femme. Une autre personne était assoupie sur elle. Caroline ne comprenait pas, pourquoi autant de gens étaient les uns sur les autres … ? Et c’est là qu’elle comprit. Cette odeur. Cette odeur terrible. Ces filles n’étaient pas vivantes. Elle était devant un charnier.

Elle hurla.

Son cri résonna sur les murs autour, le rendant plus angoissant encore. Son dos se couvrit de sueur froide. L’instant d’après, une lampe se braquait dans ses yeux. L’instinct de survie reprenant le dessus, elle recula tout en trébuchant sur elle-même. Elle devait se lever et courir. S’enfuir. Son cœur pompait son sang à toute allure. Il tapait dans ses tempes.

« Caroline ! Caroline, c’est maman. Calmes-toi, je suis là. »

Dès qu’elle comprit les sens des mots, elle se jeta contre la lampe, dans les bras de sa mère. Elle ne prit pas garde à l’arme à feux que celle-ci tenait en observant tout autour d’elles. Liz faisait le tour des bâtiments, à la recherche de Logan, lorsqu’elle avait entendu les coups de feu. Elle s’était précipité jusqu’ici et avait trouvé son corps. Son cœur avait été sorti de sa poitrine et jeté un peu plus loin. Elle avait failli vomir, mais elle pensait à sa fille, avant tout. Elle ne savait pas qui avait fait ça, et quelques part, ce n’était pas grave, tant qu’il partait, loin. Elle devait juste retrouver Caroline. Elle avait vu l’empilement de corps et la panique avait envahi son corps. Sa fille était-elle là ? Jetée contre d’autres filles perdues, mortes depuis des jours ? Et elle l’avait entendu. Son petit ange. Caroline semblait terrifiée. Liz avait fait le tour du charnier, son arme et sa lampe en avant et elle l’avait retrouvé. A présent, elle devait les évacuer toutes les deux. L’assassin de Logan rodait peut-être encore.

« Caroline. Ecoutes-moi. Il faut qu’on parte d’ici. Maintenant. Tu peux te lever ? »

Sa fille n’avait pas l’air blessée … mais c’était dur de juger d’un seul regard. Et s’il l’avait transformée ? Elle préférait ne pas y penser. Caroline hocha de la tête et ensemble, elles se redressèrent. Liz l’attira contre elle, lui ordonnant de ne pas regardait pas terre dans l’espoir de lui épargner la vue du corps mutilé et de l’organe qui gisait plus loin et elle la guida jusqu’à la sortie, aussi vite que possible. Elle devait prévenir les secours. C’était vital. Urgent. Alors dès qu’elle put, elle sortit son téléphone tout en continuant son chemin vers sa voiture, garée non loin. L’homme qui avait fait cela à Logan n’aurait sans doute pas de mal à briser une vitre, mais elle se sentirait tout de même mieux à l’intérieur.

Dans l’ombre, Damon regarda le Shérif s’éloignait avec sa fille. Il s’était planqué en l’entendant approcher et à présent, il devait s’éclipser. S’il avait été en meilleur état, il aurait pu se faire hypnotique, leurs expliquer que rien ne s’étaient produit, qu’elles s’étaient fait une soirée entre filles, pour resserrer les liens familiaux. Seulement, il avait encore des balles dans le corps, il avait mal, il était épuisé et assoiffé. Hors de question de s’approcher d’une femme consciente de la force d’un vampire et préparée à l’affronter dans cet état-là. De toute façon, il y avait pleins de vampires en ville, il n’en doutait pas. Cacher minutieusement sa présence ne rimerait pas à grand-chose.

Il s’éloigna dans la direction opposée à la petite famille d’un pas lourd. Il devait partir avant que d’autres personnes n’arrivent. S’il n’y avait eu que le vampire, elle l’aurait sans doute enterré en silence. Mais il y avait un témoin, sa fille, et des dizaines de corps à identifier. Alors la zone serait rapidement dangereuse. En marchant, il sortit son nouveau téléphone, il n’avait pas été touché par les balles. Une chance. Il composa lentement le numéro d’Elena.

« Oui ?
- Elena. C’est moi.
- Oh, Damon. Ca va ? »


A l’autre bout du « fil », la joue contre son écran, Elena fronçait les sourcils. La voix de Damon semblait étrange. Un peu haletante. Une voix qu’elle avait déjà entendue, quand il était lourdement drogué.

« Ouais. »

La réponse marmonnée ne la convainquit pas vraiment. Elle coinça le téléphone contre son épaule et commença à mettre ses affaires dans son sac. S’il allait mal, mieux valait qu’elle se rende à la scierie pour le soutenir. Ça lui éviterait de commettre un meurtre. Elle ne pouvait pas se douter que le meurtre avait déjà été commis.

« Tu ne m’appelles jamais. Qu’est-ce qui se passe ?
- Caroline est vivante et avec sa mère. Tout va bien.
- Tu … Tu es allé la chercher ?
- Oh, tu sais, c’est tout moi. Le preux chevalier au secours de ses dames. »


Le ton était purement ironique. Il ne voulait pas qu’elle le voit de cette façon-là. Il voulait qu’elle soit intimement persuadée qu’il n’avait fait le déplacement que pour satisfaire sa curiosité malsaine. C’était une bien meilleure version ! Oui. Elle ne devait rien attendre de lui et surtout pas qu’il vole au secours de chacune de ses amies au moindre problème, car il savait qu’un jour ou l’autre, il se défilerait et il la décevrait. Alors autant ne rien lui laisser espérer. Pas de chevalier, pas de prince charmant, juste un mec paumé et désagréable.

« Merci Damon. Je pars de la maison, j’arrive dès que possible. Je me dépêche.
- Ok. »


Damon raccrocha et éclata d’un rire sec. S’il y avait un chevalier, c’était Elena et lui se ferait jolie princesse capricieuse et infernale. Oh, il adorait les rôles dans ce genre. Il ferait une superbe princesse. Il tangua un peu plus. Enfin, il ferait une superbe princesse, s’il parvenait jusqu’à la scierie. Il allait devoir faire une pause « épilation », entre temps.

Il s’écroula contre un mur. Il n’était pas tout à fait assez loin, mais il avait besoin d’une pause. La rage qui l’avait envie et lui avait permis de bouger l’avait totalement quitté pour laisser place à une lassitude extrême. Depuis combien de temps ça durait ? Il ne voulait pas de cette vie-là sans Katherine. Sans la femme qu’il aimait. Il avait tellement changé. Il enfonça ses doigts dans sa chair, une nouvelle fois, à la recherche de la balle. Un grognement animal monta dans sa gorge. Il serra les dents. Elle aussi aurait changé … Il avait testé la soif, terrible, extrême, violente, … C’était de la torture. Si elle n’était pas folle à l’époque … Ses ongles frôlèrent le bout de bois et il tenta de l’attraper. Il ne parvient qu’à l’enfoncer davantage. Katherine aimait jouer avec le sang, mais elle n’aimait pas le gaspillage. Elle n’aurait pas aimé le voir avec une chemise luisante d’humidité, brillante de sang. Il écarta la plaie. Elle était une dame après tout. Une princesse à sa façon. Désirable, désirée, parfois possédée, quand elle le voulait bien, en fonction de son jeu du moment, quelques instants et de nouveau désirable, inaccessible. Comme aujourd’hui. Il attrapa la balle et tira. Il sortit autant de sang que de bois, mais qu’importe. Elle était si proche et si loin. Il était déjà allé devant la porte du caveau. Elle était scellée. Il tâtonna une nouvelle plaie. S’il avait des doigts plus fin, l’exercice serait plus aisé. La porte était scellé et il entendait les gémissements de l’autre côté. Il détestait se sentir impuissant comme ça. Il n’y était allé qu’une fois.

Il se releva. Il entendait les sirènes au loin, il était décidément bien trop proche. Il sauta par-dessus une clôture assez haute et traça sa route jusqu’à la forêt toute proche. Maintenant, il devait rejoindre Elena et qui sait, peut-être le laisserait-elle bénéficier de ses doigts si fin ? Il se fit un sourire à lui-même, oui, il allait bien trouver une blague salace à lui faire sur le sujet. Il avait tout le trajet pour y réfléchir. Réfléchir à ses farces pour oublier quelques secondes sa culpabilité… C’était lui qui avait fait enfermer Katherine. Il avait été aussi égoïste que Stefan … pour la garder vivante, il l’avait condamné à plus d’un siècle de torture … Il ne devait pas penser à ça. Il déglutit et plaqua un grand sourire sur son visage. C’était bien mieux ainsi.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par LéaTVD le Ven 29 Nov - 9:33

La suite, tu as posté la suite ENFIN !
Je suis super contente, depuis le temps que j'attendais sa bounce

J'adore le 33eme, il est top. Tu n'as rien perdu de ta belle écriture, et Damon est toujours aussi sarcastique, parfait, et héroïque :love:
J'espère bientôt une vraie scène DE face à face Cool

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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 10:01

LéaTVD a écrit:La suite, tu as posté la suite ENFIN !
Je suis super contente, depuis le temps que j'attendais sa bounce

J'adore le 33eme, il est top. Tu n'as rien perdu de ta belle écriture, et Damon est toujours aussi sarcastique, parfait, et héroïque :love:
J'espère bientôt une vraie scène DE face à face Cool
Je suis super contente de voir qu'il y a des personnes qui se souviennent de ma ff Very Happy 
Une scène DE ... ahhh ... Techniquement, on est entre le 10 épisodes et 11ième, de la première saison ... Si je suis le rythme de dingue qu'ils nous ont imposé :rire: 

Je ne sais pas si tu as vu, j'ai posté une fanvid DE Embarassed Ma toute première ! J'ai hâte que quelqu'un me dise ce qu'il en pense Embarassed Embarassed Embarassed
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par LéaTVD le Ven 29 Nov - 10:06

Oui, je n'ai pas oublié, j'avais peur que tu ne finisses pas !!! ^^
En tout cas, il me tarde la suite, fidèle au post! Cool
J'espère que tu seras plus présente sur le fofo désormais Wink

Oui j'ai vu que tu as posté une vidéo, mais mon YT bug une fois sur 2, donc je n'ai toujours pas pu la visualisé Laughing dés que mon foutu ordi ne bugera plus, je te dirais ce que j'en pense !


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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 10:08

Oki Very Happy 
J'espère aussi à vrai dire ! Embarassed 
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Ven 29 Nov - 22:21

Le chapitre qui suit est un chapitre de "transition", ce n'est jamais simple, mais comme je le disais plus haut, il se passe une multitude de choses dans la série, avec pleins de personnages ... Ce n'est pas simple de suivre tout le monde sans s'enliser Sad 




… Chapitre 35 : Rapprochement …

Stefan observa son verre. Le niveau n’avait pas changé depuis plus d’une heure : il ne buvait pas. Il aurait peut-être dû ? Mais il avait vidé soigneusement chaque bouteille cachée dans les recoins de la Pension et ça n’avait pas suffi à altérer la réalité. Il avait tué Damon, Damon s’était relevé et avait emmené Elena avec lui. Il avait perdu la fille et son frère. Il avait toujours pensé que c’était soit l’un, soit l’autre. Il n’avait pas imaginé qu’il pourrait se débrouiller pour perdre les deux.

Il avait même fait pire … Lexi ne le regardait plus comme avant. Alors il se noyait dans l’alcool tout en tentant d’écouter Lexi. Elle ne lui avait pas juste tourné le dos, il devait faire attention, prendre soin de leur amitié … pour ne pas tout perdre.

Quand elle était revenue de la maison d’Elena, il avait cru qu’elle le prendrait dans ses bras ou qu’elle lui hurlerait dessus. Elle n’avait rien fait de tout ça. Elle s’était assise et l’avait regardé tristement. Elle lui avait dit :

« Tu n’as pas le droit de faire taire tes sentiments et de leur imposer un monstre. Je te l’interdis. »

Depuis il enchainait des périodes de grandes boissons et les périodes de mélancolies totales. Lee jouait le plus souvent de babysitteur. Il ne disait pas grand-chose. Une fois, il lui avait demandé pourquoi il restait là et Stefan n’avait pas prononcé un mot. Il ne voulait pas s’enfuir. Il aimait cette fille ! Il l’aimait vraiment … seulement, il n’avait pas su le lui montrer et Damon l’avait emmené avec lui. Lee avait dû suivre le cours de ses pensées car il avait sèchement rappelé que l’amour, ça ne marche qu’à deux. Il ne pouvait pas en vouloir à Damon, comme s’il avait volé un objet qu’il affectionnait. Elena n’était peut-être qu’humaine, mais elle avait un esprit, une âme, une individualité et elle avait fait ses propres choix. Ce n’était pas comme si Damon l’avait kidnappé et qu’il la retenait de force.

« Il pourrait l’avoir hypnotisé !
-Pour qu’elle le défende de ses poings ? »


La réplique du vampire laissa un blanc, encore une fois. C’était la seule chose qui était totalement illogique. Il connaissait Damon, il savait comment il fonctionnait, comment il travaillait ses hypnoses. Jamais en profondeur, à moins d’y être spécifiquement forcé. La personne gardait son caractère et le plus gros de sa personnalité. Il effaçait principalement … des frayeurs, des appréhensions, des dégoûts.

« Il a pu l’hypnotiser pour qu’elle tombe amoureuse. Elena peut être pleine de surprise.
- Tu cherches des excuses … Elena a toujours son collier.»


Lee tue le fond de sa pensée, mais il avait vu bouger le vampire sur le toit. Ses mouvements n’étaient pas aussi fluides qu’ils auraient pu être. Il s’arrêtait assez tôt et semblait s’économiser. Lee ne l’avait pas connu avant, mais il avait remarqué des petits signes de faiblesses. Damon était encore sous le coup de la Veine de Vénus. S’il avait dû hypnotiser Elena dans cet état, l’hypnose serait sans doute imparfaite, prête à exploser à tout instant et vu les moments qu’Elena avait traversé … Mais il ne dirait pas à Stefan que son frère était encore faible. Il cherchait à éviter une nouvelle confrontation. D’après ce qu’il avait compris, seule Elena était capable d’arrêter Damon quand il devenait « fou » et … Cette fille était attachante. Il n’avait vraiment pas qu’il lui arrive quoique ce soit.

Mais cette discussion avait au moins mit à la lumière la raison pour laquelle Stefan était toujours dans cette ville de fou : il n’avait pas abandonné l’idée d’être un jour avec Elena. Lee espérait pour sa santé mentale qu’il n’irait pas les voir à la scierie … car la façon dont Elena regardait Damon l’achèverait.

Stefan pensait quant à lui qu’il devait attraper Elena et l’emmener bien loin d’ici, loin de Damon. Quelques parts où elle perdrait ses illusions. Damon se vengeait toujours ! C’était un tueur en série, elle ne pouvait pas être tombée amoureuse d’un tueur en série … froid, calculateur, manipulateur ! Oh bien sûr, lui aussi avait tué, il avait commis des massacres, mais uniquement parce qu’il était poussé par sa nature vampirique, parce qu’il ne se maîtrisait plus. Le reste du temps, il s’en voulait tellement … alors qu’aucun remord n’avait jamais traversé l’esprit de Damon, si ce n’est à l’idée d’un meurtre loupé ! Il avala son verre cul sec, il devait réfléchir et trouver un plan.

Plus tard dans la nuit, Lee en discuta avec sa compagne. Il n’avait aucune idée de la marche à suivre, mais il y avait de plus en plus de signes de vampires dans  cette ville, ça devenait de plus en plus dangereux. Lexi avait caressé sa joue et l’avait embrassé. Elle n’était pas à l’aise, elle non plus. Elle avait envie de quitter la ville, avec Stefan sous le bras, mais elle le savait fragile émotionnellement et si elle ne jouait pas finement, elle allait se retrouver avec un boucher sur les bras.

« C’est mon ami.
-Je sais, c’est juste que cette ville … Elle ne me plait pas. Je ne voudrais pas …
- Hey, quand on est ici, on est trois. Quand on est à la scierie, pareil. On est les plus forts. Okay ? »


Elle ne le croyait pas vraiment et il le savait. Il la voyait dans sa façon d’être sur les gardes, en permanence. Lee n’avait aucune idée du nombre de nouvelles personnes qui emménageait en ville ces derniers temps, mais ça l’inquiétait et le lendemain, il y avait encore un inconnu qui franchissait les portes de la ville.

L’homme posa un pied dans la ville et s’arrêta un moment. Sa quête de vérité l’avait conduit dans bien des villes, mais c’était la première fois qu’il se sentait si près du but et non à la poursuite d’une piste déjà froide depuis trop longtemps. Le panneau à côté de lui indiquait « Mystic Falls ». Il respira profondément, l’air n’était pas nauséabond, bien au contraire et pourtant … Ce n’était pas la bonne odeur de la forêt qu’il était venu chercher. Non, il était venu chercher la chair putride, la mort, les massacres et l’horreur. Cette ville était parfaite pour ça. Une ville où l’Histoire s’écrivait encore au présent.

Il avança et découvrit les petits quartiers, les quelques commerces et chaque détail de l’architecture de cette petite ville. Elle n’était pas très différente de la ville voisine, si on s’arrêtait à son apparence. Plutôt semblable et insignifiante. Une cachette idéale par bien des côtés. Il avait loué, un petit appartement, au-dessus d’un commerce. Il devait rencontrer le propriétaire dans l’après-midi pour recevoir sa clef et vérifier l’état du logement. Il n’avait avec lui qu’une voiture, remplie de papiers et de dossier en tout genre. Durant longtemps il avait attendu qu’un poste se libère dans le lycée de la ville ou dans celui d’une ville proche, sans que ça n’arrive. Il ne voulait pas attendre plus longtemps, alors, il se ferait passer pour un historien s’intéressant à la région. Ce n’était pas faux. Il aurait été professeur d’Histoire si jamais il avait pu. Le couvert d’un livre lui permettrait de fouiller en toute sérénité.

Il fit rouler sa chevalière autour de son doigt, pensif. Il allait faire quelques courses, ce serait un bon point de départ. Il avait décidé de noter chaque personnes rencontrées, leurs habitudes, leurs amitiés, leurs professions … Il trouverait bien ce brin d’étrangeté qui devait les accompagner. Il le trouverait tôt ou tard.

Après quelques courses, il se rendit devant l’appartement. Le propriétaire arriva et lui fit un grand sourire en lui tendant la main.

« Bonjour, Mr Saltzman. »
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par LéaTVD le Sam 30 Nov - 9:33

Hé bien un super chapitre !

Non mais Stefan Rolling Eyes mon dieu ce qu'il m'énerve.
Le type quoi "Damon est un psycopathe, un tueur,..." alors que LUI décime des villages entiers. Sa me fait bien rire Laughing tssss
C'est bien fait qu'il soit dans cet état, je vais pas le plaindre :devil: 
J'adore "car la façon dont Elena regardait Damon l’achèverait." :love: Normal j'ai envie de dire, haha

Oh et Ric qui est présent, TROP bien !!!
Vite la suite la

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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par Diri le Lun 2 Déc - 1:18

Coucou tout le monde ! Je viens d'avoir la note de mon mémoire de fin de formation : 81% !! Very Happy :mrgreen: geek 8-) Oui, du coup, j'ai fêté ça au lieu d'écrire ... alors voici un petit chapitre et je n'en ai plus d'avance Rolling Eyes

Je suis contente de voir l'arrivée d'Alaric saluée, j'aimerai que ce soit l'un des personnages clefs de ma ff, quelques part ... y'a du boulot ^^



… Chapitre 36 : Chevalier …

Il était une fois, dans un monde étrange, sombre et éprouvant, une jeune femme forte que nous appellerons « princesse » refusait d’être simplement jolie, gentille et malléable. « Princesse » n’hésitait pas à se salir les mains, même si elle n’aimait pas ça. Elle rêvait de mieux. Elle voulait mieux et elle était prête à l’obtenir à la force de ses bras.

Il y avait ce chevalier, idiot, qui parvenait toujours à se blesser d’une façon ou d’une autre. Il y avait du sang et bientôt, les vêtements de « Princesse » se tâchèrent, mais qu’importe. Quand on est forte, ce n’est pas quelques gouttes de sang qui vont vous faire tourner de l’œil ou quelques tâches et une robes à jeter qui vont vous faire rugir. « Princesse » retira les vêtements du chevalier, sans inquiétude, et laissa ses mains trainaient dans le sang en grimaçant, à la recherche des plaies. Oh ce n’était pas une douce « soigneuse », non, une « Princesse » ne sait pas faire ce genre de choses normalement, mais parfois … Il faut les faire quand même.

« Ne bouges pas ! »

Le chevalier grimaçait en tentant d’être aussi fort que la « Princesse ». Il fallait cacher la douleur sous des sourires, sous des blagues, sous des bêtises, … Seulement le chevalier était démuni, car les yeux de la « Princesse » semblait voir à travers toute ses armures.

« Je vais m’en occuper.
- Non. Tu en as assez fait. Ne bouges pas. »


Le dos du chevalier trembla devant la douleur nouvelle. Le sang fut grossièrement nettoyé à l’aide d’un tissu humide. Les gestes étaient doux, mal-assurés, mais insistant. Elle n’avait pas peur de « faire mal ». Ce qui devait être fait, devait être fait. Voilà tout.

Les plaies furent bandées de façon relativement serrés puis la « Princesse » alla se laver les mains. Il y avait tellement de sang, c’était dur à gérer. Mais lorsqu’on veut être forte, il faut l’être et simplement le clamer.

Anna se retourna vers Jérémy. Au même instant Elena se retournait vers Damon.
Anna avait bandé les bras du garçon, en retenant son envie de le boire. Elle l’avait trouvé à la bibliothèque, l’odeur lui avait frappé les narines et avant qu’il n’ait pu faire quoique ce soit elle relevait ses manches en lui criant dessus. Il avait ouvert ses bras. Il n’avait pas utilisé un couteau ou une lame de rasoir. Non. Il avait frotté une clef sur sa peau. Machinalement. Il avait rougi jusqu’à la pointe de ses cheveux lorsqu’elle avait découvert ses plaies, mais elle était trop vive et trop directive pour qu’il puisse la semer. Il avait fini par l’inviter chez lui et lui permettre de jouer à l’infirmière.

De son côté, Elena était arrivé au Manoir de la scierie le plus vite possible. Elle avait été surprise de trouver leur maison vide. Peu après, elle avait aperçu Damon qui titubait en direction de leur maison. Elle était allée le chercher et l’avait ramené à l’abri. Ce n’est qu’après qu’elle avait compris qu’on lui avait tiré dessus avec des balles en bois. Elles étaient toutes profondément enfoncées dans la chair et certaines étaient suffisamment mal placées pour que Damon ne puisse y accéder seul. Il avait tenté quelques blagues loufoques et essayer de lui montrer à quel point le sort de Caroline lui importait peu.

Anna observait le jeune Gilbert. A une autre époque, en ces mêmes lieux, sa mère avait aimé un Gilbert. Il l’avait trahi à l’instant même où il découvrait son secret. Elle ne pouvait pas faire la même erreur … Elle avait des plans, des plans de secours, des plans de secours aux plans de secours et s’occuper de ce Gilbert, bander ses plaies, retenir sa soif, cachée les veines sous ses yeux, devenir son amie en faisait partie. Elle ne devait juste pas oublier qu’il ne s’agissait que d’un plan. Un simple plan, rien de réel. Jérémy lui fit un sourire maladroit et elle se sentit fondre. Après tout, rien ne l’empêchait d’apprécier son plan.

Damon lui annonça aussi de but en blanc qu’il avait tué Logan, qui était un vampire. Elena connaissait Logan, c’était l’ex petit ami de Jenna … Il lui avait brisé le cœur assez de fois pour qu’elle arrête de compter. Le connaître était pire … Les meurtres perpétrés par Damon étaient ceux d’inconnus, elle y était étrangère. Ils lui semblaient presque irréels. Ce n’était pas le cas aujourd’hui … Elle avait toujours sut que Damon était dangereux, mais depuis qu’elle l’avait « relâché », c’était son tout premier meurtre. Elle avait une sensation de culpabilité. D’un autre côté, son acte avait sauvé Caroline mais aussi sa mère, qui la cherchait. Alors … Elle devrait faire avec. Ce n’est pas comme si elle avait le moindre choix.
Anna observa la chambre de Jérémy. Elle était extrêmement bien rangée, a tel point que ça en était étrange. Il n’y avait pas la trace du moindre vieux papier ici, mais à présent qu’elle pouvait entrer librement dans la maison, elle en forcerait l’entrée pour la fouiller. Elle trouverait le Journal des Gilbert. Un jour ou l’autre. Elle sourit. Encore. Et Jérémy se rembruni …

« Tu ne veux pas me dire ce qu’il y a ? »

Elle vit avec une précision extrême la gorge du garçon se contracter alors qu’il déglutissait péniblement. Jérémy n’avait pas envie de parler, mais les mots commencèrent à lui échapper, sans qu’il ne puisse les retenir.

« Je … C’est … Le monde est gris depuis qu’elle est partie … et je n’ai pas envie de le voir avec tes couleurs. Dénaturé.
- Chagrin amoureux ?
- Elle est morte. Tout est mort. Je n’ai pas … Vas-t-en. S’il-te-plait.
- Je reviendrais demain. A bientôt. »


Anna glissa sa main sur son épaule, la caresse le fit frémir. Il resta immobile, longtemps après son départ. Ce n’est que plusieurs heures plus tard qu’il s’aperçu qu’il n’avait pas bougé et que les larmes avaient gonflé le dessous de ses yeux. Ses joues le grattaient et il avait du mal à respirer. Les sanglots l’étouffaient. Il se laissa tomber sur son lit et se recroquevilla, comme un petit enfant. Il remonta la couette sur ses jambes en tentant de ne penser à rien.
Elena voulait comprendre. Est-ce que cela faisait longtemps que Logan était un vampire ? Est-ce qu’elle l’avait côtoyé en tant que vampire ? Est-ce que Jenna avait couru le moindre danger ? Des dizaines de questions se bousculaient dans sa tête. Damon cachait sa douleur et sa soif derrière un sourire un peu trop grand. Il avait fait bien assez de révélation pour la journée.

« Tu as faim. »

Ça, ce n’était pas une question. Damon lui demanda sarcastiquement si elle comptait lui prêter une veine ou s’il pouvait se reposer un peu.

« Je pourrais t’emmener à l’hôpital … ou ailleurs. »

Il lui sourit et s’installa sur ses genoux, s’attirant un joli rougissement. Voilà une nuit qui n’était pas définitivement gâchée.
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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

Message par LéaTVD le Lun 2 Déc - 17:23

Oh trop mignon ce chapitre :love:

Comment Elena aime trop son Damon et le connait bien ! "Leur maison" adorable
Bah d'un côté Damon n'avait pas le choix de tuer Logan mademoiselle Elena ! Ralala
Et j'aime beaucoup Anna donc c'est cool qu'elle apparaisse

Viiiite la suite Wink

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Re: [DE] Tu ne seras qu'un cadavre vivant

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